Les crises économiques influenceraient les performances intellectuelles

La bonne santé économique d'un pays pourrait être le gage d'une bonne santé intellectuelle de ses habitants. D'après une récente étude, les périodes de récession provoquent une baisse des performances cognitives des individus.

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Vivre des périodes de crise économique a un impact sur nos performances intellectuelles. ©ThinkStock

Les crises économiques ont des conséquences inattendues sur les Hommes. Non seulement leur moral en pâtit, mais leur santé intellectuelle aussi. D’après une étude, la mauvaise santé économique d’un pays influence les performances cognitives de ses habitants.

Publiée dans la revue médicale britannique BMJ,  elle établit un lien entre les récessions économiques et la dégradation des performances cognitives. Les auteurs de cette étude, Anja Leist de l’Université de Luxembourg, Phillip Hessel et Mauricio Avendano de la London School of Economics, précisent qu’il s’agit de la première « à montrer, à notre connaissance, que les récessions économiques vécues à des âges critiques, du début ou du milieu de la vie adulte, sont associées à des performances cognitives pus faibles à des âges plus avancés ».

Performances intellectuelles : l’influence des périodes de récession

Un environnement professionnel stimulant permet à un individu d’engranger des réserves cognitives qui maintiennent les performances intellectuelles à un âge plus avancé. D’après cette étude, un environnement professionnel pénible provoquerait le contraire. Ce sont les corollaires des périodes de récession qui sont pointés du doigt : chômage, descente dans l’échelle sociale, baisse des revenus, emplois à temps partiel…

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques se sont basés sur les données récoltées au cours de l’étude épidémiologique « Share ». Menée dans 11 pays durant les années 2000, elle inclut 12 000 personnes âgées entre 50 et 74 ans. Les tests consistaient à des exercices de mémoire ou de rapidité : énoncer le plus possible d’animaux, se souvenir d’une liste de dix mots…

Les résultats étaient ensuite mis en relation avec leur parcours professionnel et les crises économiques de leur pays de résidence. Les personnes ayant vécu quatre périodes de récession obtenaient des résultats beaucoup moins bons que celles n’en ayant connu aucune.

Crise économique : une différence entre les hommes et les femmes

Les conclusions des chercheurs ont montré une nette différence entre les hommes et les femmes. Alors que ces dernières sont plus fragiles entre 25 et 34 ans, les hommes sont plus vulnérables aux alentours de 45-49 ans. Ces « résultats suggèrent que l’homme est plus sensible aux chocs macroéconomiques lorsqu’ils interviennent tard dans la carrière tandis que pour les femmes un effet durable sur les capacités cognitives se produit lorsque les récessions sont vécues plus tôt dans la vie », soulignent les scientifiques.

Ils expliquent cette distinction par le fait que les jeunes femmes aient plus de difficultés à relancer leur carrière professionnel que les jeunes hommes. Au contraire, à un âge avancé, la perte d’un emploi est souvent synonyme de retraite anticipée pour les hommes, qui sont alors privés d’environnement intellectuellement stimulant.

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Charlotte Loisy