Les députés sont-ils sexistes ?

Mardi soir, un député UMP a imité le caquètement de la poule alors qu'une députée écologiste prenait la parole. Un nouveau dérapage machiste à l'Assemblée nationale, après celui de la robe à fleurs de Cécile Duflot et du suçage érotique de stylo de Najat Vallaud-Belkacem.

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Mardi soir, un député UMP a imité la poule lors de l'intervention d'une députée écologiste ©sipa

Les députés n’en finissent pas d’enchaîner les écarts de conduite. Mardi soir, aux alentours de 22h30, Véronique Massoneau prend la parole contre la réforme des retraites du gouvernement. Un discours qui a fait jazzer, non pas à cause de son contenu, mais de l’intervention de Philippe Le Ray, député UMP qui, visiblement à court d’arguments intelligibles, a préféré imiter… le caquètement de la poule. Un comportement qui a bien évidemment déplu à la principale intéressée, mais également à Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, qui a proposé « une minute de suspension afin que chacun puisse retrouver son calme ».

Après cette remontrance, digne de celle infligée à des enfants dans une cour de récréation, le député UMP a finalement été sanctionné à l’unanimité dès le lendemain, par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Christian Jacob, président du groupe UMP, a assuré que Philippe Le Ray serait privé d’un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois.

La robe à fleurs de Duflot et autres incidents machistes

Ce n’est pas la première fois que les députés se font remarquer pour leur comportement sexiste. En juillet 2012, Cécile Duflot avait descendu les marches de l’Assemblée sous les sifflements et les réflexions machistes de ses confrères, alors qu’elle portait une simple robe à fleurs bleue et blanche. La ministre du Logement ne s’était d’ailleurs pas laissée démonter, débutant son discours par un « Mesdames, messieurs les députés… mais surtout messieurs visiblement », des plus piquants.

Ces remarques puériles n’étaient rien à côté de la phrase assassine d’un député UMP à une collègue PS en 2011. « Habillée comme ça, faut pas s’étonner de se faire violer », avait-il lancé à la jeune femme, habillée en tailleur-pantalon et petit haut, avant une audition de Claude Guéant par la commission des Affaires européennes. Suite à cet événement, Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait également déclaré éviter de s’habiller en jupe ou en robe dans l’hémicycle, de peur de devoir faire face à des remarques salaces.

Mais il en faut parfois moins que ça pour émoustiller ces messieurs les députés. En juin, c’est Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes, qui faisait l’objet des fantasmes à peine voilés d’Hugues-Foucault, député chrétien-démocrate. « NVB suce son stylo très érotiquement », avait-il écrit sur Twitter, avant de se faire lyncher par la communauté du site de micro-blogging. Traité de misogyne par les twittos, il avait finalement présenté ses excuses à la porte-parole du gouvernement.

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Mathilde Bourge