Les fabricants de yaourts se mettent-ils d’accord sur les prix ?

Les yaourts de marque distributeur devraient-il coûter moins cher qu’ils ne le sont ? C’est ce que cherche à savoir l’Autorité de la concurrence, qui soupçonne huit industriels du secteur laitier de s’être entendus sur les prix de certains produits…

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Les fabricants de yaourts se mettent-ils d’accord sur les prix ? ©ThinkStock

Après les producteurs d’endives, les meuniers et les fabricants de croquettes pour chiens et chat, c’est au tour des industriels du secteur laitier de se faire épinglés par l’Autorité de la concurrence pour entente sur les prix, révèle Les Echos. Huit entreprises, dont Senoble, Novandie (Mamie Nova, Andros), Lactalis, Maîtres Laitiers du Cotentin, Alsace Lait et 3A, se seraient accordées pour ne pas répondre aux appels des enseignes de distribution qui leur demandaient de fabriquer des yaourts de marque distributeur, à un prix jugé trop bas. Toutes auraient été perquisitionnées le même jour, sur ordonnance du juge chargé de l’affaire. Si l’entente sur les prix est avérée, elles risquent chacune une lourde amende.

Comme souvent dans ce genre d’affaire, cette pratique frauduleuse a été dénoncée par l’un des industriels lui-même, voulant échapper aux sanctions. En effet, selon la loi, le premier qui informe l’Etat d’une atteinte au droit de la concurrence bénéficie d’une immunité. De nombreux secteurs ayant été accusés, ces derniers temps, d’entente illicite sur les prix, cette entreprise laitière a sans doute pris peur…

Le journal Les Echos a bien tenté de contacter les huit industriels concernés, mais aucun n’a voulu commenter l’affaire. La plupart regrette que l’Etat souhaite récupérer de l’argent sur le dos d’un secteur – celui des marques de distributeurs laitières – qui en perd. « Si l’Etat veut nous inciter à aller fabriquer des yaourts pas chers en Allemagne, on peut le faire ! », s’est indigné l’un d’eux.

Julie Toury