Les Françaises boudent de plus en plus la pilule

Le scandale des pilules de troisième et quatrième a terni l'image de ce contraceptif. Les Françaises se tournent de plus en plus vers le stérilet et le préservatif.

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Alors que 44% des femmes déclaraient en 2010 être tout à fait d’accord avec le fait que « la pilule permet aux femmes d’avoir une sexualité plus épanouie », elles n’étaient plus que 37 % à le penser l’année dernière. ©ShutterStock

Le scandale des pilules de troisième et quatrième générations a laissé des traces. Des travaux, menés conjointement par l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) révèlent qu’un an et demi après débat médiatique, les plaquettes sont de plus en plus délaissées par les Françaises. Fin 2013, la pilule n’était plus utilisée que par 41 % des femmes sous contraceptif, contre 50 % trois ans plus tôt.

1 femme sur 5 a changé de contraceptif depuis le scandale de la pilule

« Entre 2005 et 2010, la baisse était due à des facteurs socio-économiques et elle avait été composée par d’autres méthodes hormonales comme le patch ou l’implant », assure Nathalie Bajos, chercheure à l’Inserm et coauteure de l’étude. « En 2013, la controverse est simplement venue renforcer la tendance. » D’après l’enquête, près d’une femme sur cinq déclare avoir changé de méthode depuis le débat médiatique. Le report vers les pilules de deuxième génération a également été minime, confirmant une réelle méfiance envers la pilule. « Tout ce débat autour des pilules les plus récentes a contribué à ternir l’image de la pilule en général, sans distinction, dans un contexte où était déjà remise en cause », analyse Nathalie Bajos.

Alors que 44% des femmes déclaraient en 2010 être tout à fait d’accord avec le fait que « la pilule permet aux femmes d’avoir une sexualité plus épanouie », elles n’étaient plus que 37 % à le penser l’année dernière.

Selon la publication Inserm-Ined, l’utilisation du préservatif aurait progressé de 3,2 points depuis 2013 et celle du stérilet de près de 2 points. D’autres méthodes dites «naturelles», comme le suivi des dates – rapport sexuel en dehors des périodes de fécondabilité – ou le retrait, connaissent un regain de popularité.

Mathilde Bourge