Les gens aimables se soumettent plus à l’autorité

Selon une étude franco-américaine, les personnes considérées comme aimables se soumettraient plus facilement à l'autorité. Et ce y compris lorsque l'ordre donné est cruel.

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Les personnes considérées comme aimables se soumettraient plus facilement à l'autorité. Et ce y compris lorsque l'ordre donné est cruel. ©ShutterStock

Et si le fait d’être aimable n’était pas une bonne chose ? Selon une étude franco-américaine, les personnes de caractères « socialement désirable » se soumettraient plus facilement à l’autorité, y compris lorsqu’il s’agit de commettre des actes cruels. Explications.

Les gens de gauche se soumettent moins à l’autorité

Pour réaliser leur enquête, les chercheurs ont interrogés 66 participants du « Jeu de la mort », un documentaire réalisé en 2010 sur France 2. L’émission avait transposé à l’écran la fameuse expérience menée à Yale par Stanley Milgram en 1963, dans le but de sonder les mécanismes de la soumission aux nazis.

Les volontaires recrutés pour l’occasion pensaient participer à une émission test d’un nouveau divertissement, appelé « La zone extrême ». Le but ? Chaque candidat devait soumettre une tierce personne (en réalité un comédien) à une série de questions. A chaque mauvaise réponse, le participant devait infliger une décharge électrique allant de 20 à 460 volts au comédien. Ce dernier, invisible aux yeux des questionneurs, exprimait alors sa douleur en fonction des décharges soit disant reçues : des cris modérés aux supplications pour arrêter le jeu. Au dernier coup de jus, le comédien ne donnait plus signe de vie.

Au terme de l’émission, 80 % des questionneurs sont allés jusqu’au bout du jeu malgré l’évidente souffrance du questionné. Seuls 16 candidats ont quitté le plateau en signe de protestation.

Huit mois après l’expérience, les participants ont été soumis à un test de personnalité, présenté comme un sondage sans rapport avec l’expérience. L’équipe franco-américaine a alors constaté que le degré de coopération des candidats ne variait pas en fonction de leur religion, leur classe sociale, leur sexe ou leur âge… Mais de leur personnalité et leur clan politique. D’un côté, les personnes considérées comme les plus aimables par leur entourage étaient celles qui se soumettaient le plus facilement à l’autorité. De l’autre, les candidats les plus à gauche de l’échiquier politique étaient ceux qui contrecarraient davantage l’ordre.

Maxime Quéma