Les logiciels d’aide à la prescription médicale sont-ils défaillants ?

Mis en place pour faciliter le travail des médecins, les logiciels d'aide à la prescription médicale pourraient être à l'origine de plusieurs incidents sanitaires. D'après un rapport consulté par Le Parisien, l'un d'entre eux aurait même été fatal.

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Les logiciels d'aide à la prescription médicale sont parfois défaillants ce qui causent des allergies médicamenteuses. ©ThinkStock

Et si les dossiers papier illisibles valaient mieux que les ordinateurs ? C’est la question que le milieu médical se pose aujourd’hui. Le Parisien a pu consulter le rapport de la commission régionale de conciliation et d’indemnisation (CRCI) du 4 mars 2013. On y apprend qu’en novembre 2011, une patiente de l’hôpital André Mignot de Versailles (Yvelines) est décédée à la suite d’une allergie médicamenteuse due à une défaillance informatique.

« La prescription d’amoxicilline faite par le médecin et exécutée par l’infirmière n’a pas tenu compte de l’information d’allergie à ce médicament » de la patiente, écrivent les experts médicaux. « Celle-ci était bien notée dans le dossier médical, mais elle n’apparaît pas dans le système informatique qui est le moyen de prescription des traitements ».

Erreur de prescription : un cas « ordinaire » ?

Et les bugs informatiques ne sont pas isolés dans le secteur médical. Les experts concèdent dans ce rapport que « ces systèmes, en place dans de nombreux établissements, n’assurent pas une sécurité fine, en particulier dans le domaine des éventuelles allergies ».

Depuis 2012, l’Agence de sécurité du médicament (ANSM) a reçu plusieurs dizaines de signalements de dysfonctionnements sur des logiciels. Le fondateur de l’association de patients le Lien, Alain-Michel Ceretti, a réclamé à la ministre de la Santé le retrait des logiciels qui dysfonctionnent « le plus vite possible ».

La vérification des logiciels de prescription médicale prévue

Le fabricant du logiciel Chimio, utilisé pour les traitements du cancer, aurait détecté un problème sur la version 3.1. dans le report des réductions des doses d’une cure sur la cure suivante. Il demande à ses clients de la remplacer par la version suivante.

La certification d’une centaine de logiciels par la Haute autorité de santé est prévue, mais pas avant 2015.

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Charlotte Loisy