Les médicaments, plus dangereux pour les femmes ?

Selon le magazine Science et Vie, les médicaments seraient plus efficaces chez les hommes. Les femmes auraient en effet plus de risque de développer des effets secondaires.

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Concernant le Zolpidem, un somnifère, les femmes seraient trois fois plus nombreuses que les hommes à somnoler huit heures après la prise du produit. - crédit photo : Andrey_Popov ©ShutterStock

Les médicaments, davantage conçus pour les hommes ? Dans un article publié ce lundi 21 juillet, le magazine Science et Vie indique que les femmes auraient deux fois plus de risque de présenter des effets indésirables, quel que soit le traitement. L’étude a été réalisée en Allemagne auprès de 25 000 patientes.

Les métabolismes de l’homme et de la femme étant différent, il faudrait, dans l’idéal, élaborer des médicaments pour chacun des deux sexes. Premier constat de l’enquête : les vaccins ont plus d’effets sur les femmes car leur système immunitaire est plus réactif, note Le Parisien, qui a relayé l’information. Même constat pour le Zolpidem (Stilnox), un somnifère. Les patientes seraient trois fois plus nombreuses que les hommes à somnoler huit heures après la prise du produit car ce dernier est éliminé plus lentement dans le sang.

Les médecins connaissent mal la cardiologie féminine

Quant à l’aspirine, les chercheurs ont remarqué qu’à petite dose, elle permet de réduire le risque de crise cardiaque chez les hommes de 32 %, tandis que chez les femmes, elle diminue plutôt le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Proportionnellement, les crises cardiaques sont responsables de davantage de décès chez les hommes mais certains spécialistes s’inquiètent de la mauvaise prise en charge du problème du côté de la gent féminine. « [Le risque cardiaque] tue dix fois plus de femmes en Europe que le cancer du sein, souligne Claire Mounier-Véhier, vice-présidente de la Fédération de cardiologie (CHRU de Lille). Aidée par une hausse des facteurs (tabac, obésité, stress), la mortalité grimpe d’autant qu’on ne le prend pas au sérieux. »

Les médecins ne seraient pas assez formés à la cardiologie féminine. Résultat, ils confondent crise cardiaque et crise d’angoisse, les symptômes chez la femme n’étant pas les mêmes que ceux développés par les hommes (douleurs thoraciques, nausées…).

On constate, par ailleurs, qu’au sein des laboratoires les tests sont le plus souvent réalisés sur des rats mâles, pour éviter que les résultats ne soient faussés par les hormones. L’institut national de la santé américain (NIH) a décidé d’agir en refusant d’octroyer des subventions lorsque les études ne prennent pas en considération les spécificités des deux sexes.

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Damien Rigat