Les nanomatériaux, dangereux pour la santé ?

L'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) prévient la population des dangers potentiels des petits matériaux qui nous entourent, les nanomatériaux.

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Des nanotubes de carbone peuvent être à l'origine de maladies respiratoires et de cancers. - photo : nanotube de carbone - crédit : Shilova Ekaterina ©ShutterStock

Aliments, vêtements, produits de beauté… Les nanomatériaux, qu’ils soient naturels ou manufacturés, sont partout. Ces éléments minuscules peuvent représenter un danger pour la santé, rapporte l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), de l’environnement et du travail, dans un rapport publié le 15 mai.

Nanomatériaux : aucune étude sur leur toxicité

Les nanomatérieux sont des matériaux composés de particules mesurant entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre équivaut à 1 milliardième de mètre). L’Anses constate que leur utilisation est « en plein essor ». On les retrouve « dans la composition de nombreux produits de la vie courante disponibles sur le marché : cosmétiques, textiles, aliments, peintures, etc. » (AFP). L’ennui est qu’il n’y a, à ce jour, aucune donnée relative à la toxicité directe des nanomatériaux sur l’homme car aucune étude épidémiologique n’a été réalisée sur le sujet, indiquent les auteurs du rapport.

L’Anses réclame un meilleur encadrement réglementaire au niveau européen

Les dangers potentiels des nanomatériaux seraient liés à leur taille. Les éléments sont tellement petits qu’ils peuvent passer à travers les protections naturelles du corps, comme la peau et les muqueuses. Des expériences réalisées sur des animaux révèlent qu’ils peuvent être néfastes pour certains d’entre eux. Selon le rapport, des nanotubes de carbone peuvent être à l’origine de maladies respiratoires et de cancers ainsi que d’un développement anormal d’embryons. Ils sont utilisés comme additifs ou revêtements dans l’industrie.

Des travaux plus approfondis doivent être réalisés pour connaître les véritables effets de ces éléments sur l’organisme. Par mesure de précaution, l’Anses invite à la prudence et appelle « à un encadrement réglementaire renforcé des nanomatériaux manufacturés au niveau européen, afin de mieux caractériser chaque substance et ses usages (…) ».

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Damien Rigat