Les oiseaux aussi savent lire les panneaux de limitation de vitesse

Des chercheurs français ont constaté que les oiseaux savaient déchiffrer les panneaux de limitation de vitesse... Ou du moins les connaissaient.

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Une voiture qui roule à 130 au lieu de 110 risque fort d'assassiner un oiseau ©ThinkStock

Pour sauver les oiseaux, respectez les panneaux de limitation de vitesse sur les routes. Telle est la conclusion de deux chercheurs, qui ont observé la façon dont les oiseaux s’envolaient des routes à l’approche des voitures. En effet, Pierre Legagneux et Simon Ducatez, dont l’étude a été publiée dans les Biology Letters de la Royal Society, ont remarqué que les volatiles décollaient en fonction de la vitesse maximum autorisée sur la portion de route sur laquelle ils se trouvaient et non de la vitesse réelle des véhicules. Si une voiture arrive à 130km /h au lieu de 110 km/h, l’oiseau serait la victime d’un envol trop tardif.

Pour arriver à cette conclusion, les deux chercheurs ont employé une méthodologie très simple. Embarqués dans une Peugeot 205 blanche, ils ont parcouru la France sur des voies limitées à 30, 50, 90 et 100 km/h. Les compères ont réalisé au total 134 tests sur 21 espèces d’oiseaux différentes.

Les oiseaux décollent plus vite sur une route à 110 km/h qu’à 50 km/h

A chaque essai, Pierre Legagneux et Simon Ducatez ont mesuré la distance à laquelle les oiseaux étaient de la voiture au moment de décoller. Une donnée appelée Flight Initiation Distance (FID), normalement utilisée pour mesurer la vivacité de réaction des volatiles face aux prédateurs. Et les résultats sont sans appel : la FID augmente au même rythme que la vitesse autorisée sur les différentes portions de route. Ainsi, un pigeon décollera moins vite dans un village limité à 50 que sur une route où la vitesse maximale autorisée est de 90 km/h. « Cela suggère fortement que les oiseaux sont capables d’évaluer le risque de collision en l’associant aux limitations de vitesse des sections routière s», écrivent les chercheurs, qui estiment que « la limitation de vitesse devient une caractéristique de l’habitat ». Une raison de plus pour ne pas rouler plus vite qu’il n’est autorisé.

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Mathilde Bourge