Les oiseaux seraient capables de prédire l’arrivée d’une tempête

Aux États-Unis, des oiseaux migrateurs ont fui leur lieu de reproduction un à deux jours avant l'arrivée d'une tempête. Cette attitude a été observée par des scientifiques qui avaient installé des balises de géolocalisation sur les volatiles.

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Les parulines seraient capables d'entendre les infrasons, des bruits à très basse fréquence notamment produits par les tempêtes. ©ShutterStock

Et si les oiseaux étaient dotés d’un sixième sens ? Alors qu’ils étudiaient le mouvement de parulines à ailes dorées, une espèce de passereaux, des scientifiques ont remarqué que les volatiles avaient déserté leur lieu de reproduction, dans le Tennessee (États-Unis), peu de temps après leur arrivée. Ce départ précipité serait lié à l’instinct de survie puisqu’ils ont quitté les lieux un à deux jours avant l’arrivée d’une violente tempête. Survenu en avril, l’événement a entraîné dans cette zone la formation d’au moins 84 tornades, responsables d’une trentaine de décès.

Les oiseaux détecteraient les tempêtes avant l’Homme

Les passereaux ont parcouru 1 500 kilomètres en cinq jours pour fuir la tempête, notent les auteurs de ces travaux publiés le 18 décembre dans la revue américaine Current Biology. Pour les observer, les experts avaient placé sur les animaux des petites balises de géolocalisation. Encore plus bluffant, l’espèce aurait peut-être anticipé le phénomène avant les humains. « Au moment où les spécialistes de la chaîne météo nous indiquaient que la tempête se dirigeait dans notre direction, les oiseaux se préparaient à quitter la région », explique à l’AFP Henry Streby, un écologiste de l’Université de Californie à Berkeley.

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que les espèces ayant l’habitude d’emprunter toujours le même chemin effectuaient parfois des mouvements en dehors de la période de migration lorsque cela était nécessaire.

Un sixième sens lié à des infrasons produits par les tempêtes

Les parulines seraient en fait capables d’entendre les infrasons, des bruits à très basse fréquence notamment produits par des perturbations météorologiques. Cette caractéristique n’est pas une découverte. Les spécialistes savent depuis plusieurs années que les fortes tempêtes émettent de puissants infrasons, précise Monsieur Streby. Ces sons « voyagent sur des milliers de kilomètres et à des fréquences auxquelles ces oiseaux sont les plus sensibles ».

Cette faculté permet aux volatiles de mieux s’adapter aux effets du réchauffement climatique, phénomène qui devrait provoquer une augmentation du nombre de tempêtes et accentuer leur intensité.

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Cécile David