Les ondes électromagnétiques perturbent le sommeil et la mémoire

Selon une étude menée par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques et l’université de Picardie Jules Verne, les ondes électromagnétiques troubleraient notre équilibre énergétique. Explications.

0
8514
Des rats ont été confronté à un niveau d’exposition similaire à celui d’une antenne-relais. - Image d'illustration ©ThinkStock

Le 31 janvier, la proposition de loi déposée par la députée EELV Laurence Abeille sur les ondes électromagnétiques est rejetée par l’Assemblée nationale. Le principe de précaution sera visiblement appliqué uniquement dans les écoles primaires. Pourtant, une étude vient confirmer les doutes émis sur la dangerosité des ondes. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et l’université de Picardie Jules Verne (UPJV) publient une étude établissant un lien entre l’exposition aux ondes électromagnétiques et certains troubles de l’équilibre énergétique.

Des rats confrontés à un niveau d’exposition similaire à celui d’une antenne-relai

Les chercheurs ont exposé en continu, sur cinq semaines, 13 jeunes rats mâles « à des ondes d’une fréquence de 900 MHz et d’une intensité d’1 V/m, dans une ambiance thermique de 24°C ». Ce niveau d’exposition est proche de celui mesuré aux alentours d’une antenne-relais, donc inférieur aux seuils recommandés par les autorités nationales. « Les paramètres physiologiques et comportementaux [du] groupe exposé ont été mesurés la sixième semaine à deux températures différentes, 24°C et 31°C, et comparés en parallèle à ceux d’un groupe témoin non exposé de onze animaux », expliquent les auteurs de l’étude.

Les ondes altèreraient le sentiment de satiété

Conclusion : les ondes auraient un impact sur le sommeil, l’alimentation et la régulation thermique des animaux.

– Le sommeil paradoxal des rats exposés était fractionné. Un phénomène qui, sur l’homme, peut engendrer des troubles de l’humeur et un dysfonctionnement de la mémoire.

– Les ondes auraient un impact sur le sentiment de satiété. Les animaux exposés ont eu tendance à davantage se nourrir. Les chercheurs restent néanmoins prudents : « Les mécanismes d’économie d’énergie pourraient conduire à une augmentation de la masse corporelle, mais cela nécessite d’être confirmé », précisent l’Ineris et l’UPJV dans un communiqué.

– Soumis à une augmentation de la température, les rats exposés aux ondes ont présenté un ralentissement de leur système de refroidissement, comme si leur organisme souhaitait conserver la chaleur.

Ondes électromagnétiques : les résultats de l’étude menée par l’Ineris critiqués

« À de très faibles niveaux d’exposition, les effets sont réels sur le métabolisme », constate René de Seze, l’un des auteurs de l’étude. « Il faut maintenant que d’autres laboratoires mènent des expériences similaires pour confirmer ou infirmer nos conclusions. »

Certains critiquent déjà les résultats mis en avant par l’Ineris. Interrogé par Le Monde, Bernard Veyret, chercheur à l’Université de Bordeaux émet un « doute sur les niveaux réels d’exposition aux champs électromagnétiques » auxquels ont été confrontés les rats. « Les animaux sont appareillés. On leur place des sondes, des câbles, qui peuvent avoir des interférences avec les ondes. Par ailleurs, il faut bien préciser que les effets décrits sont des effets biologiques et non pas sanitaires ».

Lire aussi : Ondes électromagnétiques, comment protéger sa maison ?

Les ondes ne représenteraient aucun danger pour notre santé ? Pas si sûr. Il existe des personnes dites électrosensibles, victimes de céphalées, de troubles de la mémoire et de l’attention (et autres symptômes) vraisemblablement en raison des ondes électromagnétiques.

L’hypersensibilité électromagnétique est, à ce jour, non reconnue en France.

Cécile David