Les orques bloquées dans la glace sont libérées

Depuis le début de la semaine, onze mammifères étaient piégés par la glace dans le Grand Nord québécois. Les deux orques adultes et leurs petits ont finalement été libérées.

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Depuis le début de la semaine, onze orques étaient pris au piège dans le Grand Nord québecois ©DR

Enfin libres. Les onze mammifères pris au piège dans la baie d’Hudson, au nord du Québec, ont fini par prendre le large. Depuis le début de la semaine, ces orques étaient bloquées dans le Grand Nord québécois, à 1 500 km de Montréal, surprises par la chute brutale des températures de la région. Leur détresse mobilisait toute la communauté locale inuit regroupée autour du village d’Inujak, qui avait lancé un appel au gouvernement canadien pour envoyer des brise-glaces afin de les libérer.

La tâche s’avérait laborieuse et devait être accomplie rapidement. Le trou qui permettait aux mammifères de venir à la surface pour respirer se réduisait de jour en jour, dû au gel de l’eau et les habitants d’Inujak ne disposaient pas du matériel nécessaire à leur libération.

« La nouvelle lune a activé un courant marin »

Mais la nature a finalement bien fait les choses et la chance a fini par tourner. « La nouvelle lune », qui « a activé un courant marin » a ouvert la banquise et créé un chenal jusqu’aux eaux libres.

Ces animaux, qui ne sont normalement pas présents dans les eaux du Nord à cette période de l’année, ont été repérés mardi par un chasseur, qui les avait vus émerger à tour de rôle à travers ce trou à peine plus large qu’un pick-up. Les scientifiques pensent que ces deux orques adultes et leurs petits ont sans doute été piégés par la brusque chute des températures et l’arrivée tardive mais soudaine de la glace. «Avec le réchauffement climatique, les orques qui suivent les bancs de poissons dont ils se nourrissent s’aventurent davantage dans le Nord et s’y attardent trop longtemps», a expliqué à la télévision l’expert des baleines, Christian Ramp. Les animaux sont de plus en plus nombreux à se faire emprisonnés par la glace. C’est même l’une des causes de mortalité les plus fréquentes pour ces mammifères. En 2005, des baleines prisonnières des glaces dans l’arctique japonais n’ont pas survécu, de même que des bancs de bélugas qui, bloqués par une étendue de glace dans les Territoires du Nord-Ouest canadien, se sont noyés en 2006 et 2007.

Mathilde Bourge