Les petites stratégies de l’industrie du tabac…

Invitations à des événements sportifs, désinformation... Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) dénonce certaines pratiques de l'industrie tabac.

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L'industrie du tabac influenceraient des parlementaires pour qu'ils lancent des actions ou écrivent des rapports visant à limiter les mesures anti-tabac. - crédit photo : Paolo Bona ©ShutterStock

Les images de poumons noircis sous la mention « fumer tue » ont aujourd’hui remplacé les grandes affiches publicitaires mettant en scène des hommes charmeurs, clope au bec. En 2014, l’industrie du tabac tente de survivre parmi les campagnes de lutte contre la cigarette. Mais de quelle manière ? Dans un texte dont les grandes lignes ont été diffusées le 22 mai, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) lui reproche de s’ingérer dans les politiques publiques.

Industrie du tabac : invitations à Roland Garros, financement de recherches…

« Il y a une vraie stratégie agressive de l’industrie du tabac pour lutter contre les mesures de lutte contre le tabagisme », regrette le professeur Yves Martinet, président du CNCT (AFP). Cela expliquerait « les mauvais résultats de cette politique en France ». Les fabricants mettraient en place diverses techniques pour conserver leur pouvoir. Certains responsables politiques et hauts fonctionnaires seraient ainsi invités au restaurant ou à des événements, comme Roland Garros. Les cigarettiers influenceraient également des parlementaires pour qu’ils lancent des actions ou écrivent des rapports visant à limiter les mesures anti-tabac.

Autre stratégie pointée du doigt : le « blanchiment moral », qui se traduit par un financement des recherches. L’Institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris est, par exemple, financé par Philip Morris, indique le Pr Martinet. La « désinformation » ferait également partie des méthodes employées par l’industrie du tabac. Le président de la CNCT cite l’instauration du paquet de cigarettes neutre « qui faciliterait la contrebande, ce qui n’est pas prouvé ».

Couper le cordon entre l’industrie du tabac, les buralistes et Bercy

Le CNCT dénonce, par ailleurs, « l’instrumentalisation » des 28 000 buralistes de France. Les cigarettiers se serviraient de la Confédération des buralistes pour faire défendre ses intérêts, tout en restant dans l’ombre, à l’abri des médias.

« Tant que le cordon entre l’industrie du tabac et les buralistes, mais aussi avec Bercy, ne sera pas coupé, la lutte contre le tabagisme ne pourra pas avancer », assure le Pr Martinet. Le rapport du CNCT, réalisé en partenariat avec le magazine 60 millions de consommateurs et le soutien financier de l’Institut national du cancer (INCa) et de la Direction générale de la santé (DGS), sera intégralement publié à la fin du mois de juin.

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Cécile David