Les pharmaciens, bientôt rémunérés à la boîte vendue

Les pharmaciens et l'Assurance maladie sont parvenus à un accord sur le calcul de la rémunération des officines. À partir de 2015, la rétribution devra être basée « sur le nombre de médicaments vendus plutôt que sur leur prix ».

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À partir de 2015, le revenu des pharmaciens sera moins dépendant du prix des médicaments. - crédit photo : Dmitry Kalinovsky ©ShutterStock

Changements en perspective dans le monde pharmaceutique. Mercredi 21 mai, l’Assurance maladie et les syndicats de pharmaciens, dont la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), ont signé un accord sur la rémunération des officines. À partir du 1er janvier 2015, la rétribution sera « basée sur le nombre de médicaments vendus plutôt que sur leur prix », indique le texte. 37 % de la rémunération des pharmaciens sera ainsi issue d’honoraires de dispensation (rémunération à la boîte vendue).

80 centimes d’honoraire de dispensation par boîte en 2015, un euro en 2016

À l’heure actuelle, les pharmaciens vendent 2,5 milliards de boîtes de médicaments chaque année. Ils perçoivent environ 5,3 milliards d’euros de marge, calculée à partir du prix des produits prescrits, indique au Figaro Philippe Gaertner, président de la FSPF. En 2016, leur marge sera toujours de 5,3 milliards d’euros mais « 2,5 milliards d’euros proviendront des honoraires de dispensation ».

Concrètement, les pharmaciens toucheront 80 centimes d’honoraires de dispensation par boîte en 2015 et un euro en 2016, contre 53 centimes aujourd’hui. Les sommes perçues sur les médicaments les moins chers vont ainsi augmenter, celles sur les produits les plus chers baisser. « Par exemple, une boîte achetée 1,50 euro au fabricant dégagera un honoraire de 1 euro, soit un montant beaucoup plus élevé que la marge actuelle, explique Le Figaro. À l’inverse, un traitement acheté 100 euros au fabricant rapportera 11,91 euros de marge et 1 euro d’honoraires, soit un total de 12,91 euros contre 14,22 euros aujourd’hui ». Le revenu des pharmaciens sera ainsi moins dépendant du prix des médicaments.

Les officines s’engagent à atteindre 85 % de taux de substitution de génériques

En dehors de ce changement, l’accord prévoit un renforcement « du rôle d’acteurs de soins de premier recours » des pharmaciens. Ils seront autorisés à effectuer des entretiens d’accompagnement auprès des patients après une prescription (40 euros seront reversés à l’officine pour chaque entretien avec des malades sous anticoagulants) et pourront indiquer la posologie des médicaments sur les boîtes. En contrepartie, les officines devront atteindre 85 % de taux de substitution de génériques.

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Damien Rigat