Les pigeons, des détecteurs de pollution ?

Ces oiseaux, que l’on tente de chasser de nos villes, pourraient nous aider à détecter la pollution de l’air. Comment ? Ils voleraient plus vite lorsque l’air est chargé en particules fines.

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Les pigeons, des détecteurs de pollution ? ©ShutterStock

Les pigeons ne sont pas les meilleurs amis des citadins : déjections sur les voitures, craintes de maladies… Les volatiles des villes n’ont pas la cote. Pourtant, si vous faites partie de ces personnes qui ont une horreur des pigeons, vous devriez les reconsidérer. Ils seraient capables de détecter la pollution de l’air, rapporte le site de RTL. Leur comportement changerait selon le niveau de pollution. En effet, ils voleraient plus vite les jours où le taux de particules fines est élevé.

Plus la pollution est élevée, plus les pigeons sont rapides

Pour arriver à une telle conclusion, des scientifiques, « dont un Français du CNRS », ont analysé pas moins de 415 vols de pigeons voyageurs, à partir des données d’amateurs chinois de courses de pigeons voyageurs (oui, ça existe). Pour leur étude, les chercheurs s’attendaient à ce que les oiseaux soient plus faibles, aient plus de mal à respirer en cas de pic de pollution, ce qui est le cas chez l’Homme. Plus l’air est pollué, plus notre métabolisme en pâtit. Mais il semblerait que ce ne soit pas le cas chez ces volatiles : plus la pollution est élevée, plus les pigeons sont rapides ! « Quand l’air est considéré comme « dangereux pour l’homme, le pigeon passe de 56 kilomètres/heure de moyenne à 68 kilomètres/heure sur une course de 300 kilomètres d’environ cinq heures », précise RTL.

Alors comment l’expliquer ? Les chercheurs avancent deux hypothèses. La première serait qu’ils ressentent les particules fines présentes dans l’air, ce qui les motiverait à se dépêcher et à rentrer dans leur nid douillet (instinct de survie). La deuxième serait que leurs sens soient altérés par la pollution et qu’ils se sentiraient donc plus vulnérables.

Les pigeons seraient-ils finalement intelligents ? Ne reste plus qu’à les scruter pour mesurer la pollution de l’air du jour. Après, pas sûr que ceux qui n’ont plus que trois pattes, un œil et une aile atrophiée puissent être de bons détecteurs…

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Justine Dupuy