Les pilotes d’avion seraient plus sujets aux lésions cérébrales

D'après une étude américaine, les pilotes d'avions espions seraient plus exposés aux lésions cérébrales que le reste de la population. Suite à ces révélations, l'armée de l'Air américaine a pris quelques précautions.

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Les pilotes d'avions auraient trois fois plus de lésions cérébrales que le reste de la population ©ThinkStock

Les pilotes d’avions volant à très haute altitude seraient trois fois plus exposés aux lésions cérébrales que le reste de la population. Cette conclusion, apportée par une étude publiée dans la revue Neurology, est inédite. En effet, c’est la première fois que des chercheurs se penchent sur les risques de maladies dégénératives du cerveau, qui pourraient être provoquées par des conditions de vols extrêmes, notamment sur des avions espions.

Pour se faire, les chercheurs de l’Université de Texas (Etats-Unis) ont observé 102 pilotes de l’armée de l’Air américaine. Tous pilotaient des Lockheed U-2, soit des avions pouvant voler jusqu’à 21 000 mètres d’altitude – deux fois plus haut que des avions de ligne standards. Chaque pilote a passé une IRM, ainsi que 91 volontaires exerçant une autre profession. Les examens ont démontré le risque accru de lésions cérébrales pour les missionnés de l’armée de l’Air.

Une étude préventive pour les pilotes de ligne et alpinistes

Mais ce n’est pas tout. Les IRM ont également révélé que les lésions cérébrales détectées chez les non pilotes se situaient principalement dans la partie frontale de la substance blanche. Une observation des plus logiques puisque c’est cette partie qui est normalement touchée avec le vieillissement. Cependant, chez les pilotes, des lésions ont été observées sur l’ensemble du cerveau. Et selon leur emplacement, elles peuvent entraîner troubles de l’humeur, dépression, confusion, perte de mémoire etc.

« À ce jour, il serait hasardeux d’étendre ces observations aux pilotes de lignes. Mais le cas des alpinistes et des pilotes privés, qui dépassent régulièrement 5000 mètres sans prendre de précautions particulières, mériterait d’être étudié au plus vite », prévient le Pr Steve McGuire, principal auteur de l’étude.

Suite à cette étude, la médecine militaire demande désormais aux pilotes de respirer de l’oxygène pur avant chaque vol, afin de limiter les risques encourus. De plus, la durée des hauts vols a été écourtée et le temps passé au sol entre deux décollages doit désormais être supérieur à 9 heures.

Mathilde Bourge