L’être humain ressent de la compassion pour les robots

Des chercheurs allemands viennent de démontrer que les humains pouvaient développer une certaine compassion à l’égard des robots, lorsqu’ils subissaient un mauvais traitement. Les machines seront-elles nos futurs « best friends » ?

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Deux petites filles jouent avec Aibo, un chien électronique conçu dans le cadre d’un projet de « robot-thérapie » au sein des hôpitaux japonais (2004). - Crédit photo : Katsmi Kasahara - AP ©Sipa

Qui n’a jamais été attendri par R2D2 (Stas Wars), Wall-E ou ce petit chien électronique qui fait des saltos arrière en remuant la queue ? C’est prouvé, l’homme n’est pas indifférent face aux robots. Astrid Rosenthal von der Pütten et deux autres chercheurs de l’université de Duisbourg (Allemagne) ont constaté que l’être humain pouvait ressentir de l’empathie à l’égard des machines.

Les résultats de cette étude seront présentés en juin à Londres, à l’occasion de la 63e conférence annuelle de l’Association internationale de communication.

Les hommes n’aiment pas voir un robot se faire maltraiter

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de scientifiques a montré à quarante personnes des petits films présentant un robot en forme de dinosaure. Dans certains cas, il était traité de manière affectueuse, dans d’autres, de façon assez violente. À la sortie du test, les témoins ont expliqué qu’ils avaient ressenti de la peine en observant les scènes durant lesquelles la machine était maltraitée. Ainsi, leur niveau d’éveil psychologique (leur attention) était plus important pendant ces passages que lorsque le robot était bichonné.

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Pour aller plus loin, les scientifiques ont réalisé une deuxième expérience, menée avec un chercheur de l’Institut de résonance magnétique d’Essen (Allemagne). Objectif : savoir si l’être humain ressent autant d’empathie pour un robot que pour un humain. Quatorze personnes ont regardé un film où images douces et violentes se sont succédé, mais, cette fois-ci, on y voyait un robot, un homme et un objet inanimé.

Les chercheurs ont remarqué que les structures limbiques du cerveau réagissaient de la même façon lorsque le robot ou l’homme était bien traité. Petite différence, en revanche, concernant les scènes malveillantes. Les témoins ont ressenti davantage d’empathie pour l’humain que pour le robot.

Conclusion : Si l’homme a de la compassion pour un robot, il en a tout de même davantage pour un être humain. Un constat plutôt rassurant.

Des robots pour accompagner les malades

Les chercheurs se sont intéressés à cette problématique en raison des avancées actuelles en matière de robot-thérapie. « Les robots pourraient assister les personnes âgées dans les tâches quotidiennes et leur permettre ainsi de rester plus longtemps chez elles, explique Astrid Rosenthal von der Pütten (Le Figaro). Ils pourraient également aider les personnes handicapées à évoluer dans leur environnement. » En somme, les machines pourraient remplacer les aides à domiciles, les aides-soignantes et autres personnels de santé… humains.

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Cécile David