L’exposition aux perturbateurs endocriniens coûterait des milliards d’euros

Selon une étude menée par l'Alliance pour la santé et l'environnement, l'exposition aux perturbateurs endocriniens dans l'Union européenne coûterait jusqu'à trois milliards d'euros. Ces substances seraient à l'origine de certaines maladies.

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Les perturbateurs endocriniens sont utilisés dans la conception de nombreux produits du quotidien comme les textiles, les cosmétiques, les emballages en plastique et les détergents. - crédit photo : Peter Bernik ©ShutterStock

Suspectés d’être nocifs pour la santé humaine, l’exposition aux perturbateurs endocriniens inquiète. Et représente un certain coût. Selon une étude de l’Alliance pour la santé et l’environnement (Health and Environment Alliance, Heal) publiée le 18 juin, elle coûterait dans l’Union européenne jusqu’à 31 milliards d’euros. Les chercheurs ont identifié cinq types de pathologies en hausse liées à ces substances chimiques : les cancers du sein, de la prostate et des testicules, les problèmes de fertilité, les anomalies du sexe masculin, l’obésité et le diabète.

Vers une interdiction des perturbateurs endocriniens ?

Ces travaux se basent sur les résultats d’une récente étude américaine établissant un lien entre l’obésité infantile et le bisphénol A, un perturbateur endocrinien qui a longtemps été utilisé pour la fabrication des biberons. Ils sont partis de l’hypothèse selon laquelle 2 à 5 % des maladies citées plus haut seraient provoquées par une exposition à ces molécules.

Génon K. Jensen, la directrice de l’Heal, souhaite que les autorités européennes interdisent les perturbateurs endocriniens. Elle préconise la mise en place d’un calendrier « pour identifier » les substances coupables « et leur substituer » des produits sûrs.

Perturbateurs endocriniens : bientôt une définition précise

Soutenue par la Belgique, le Danemark, la Suède, l’Autriche et la Pologne, la France a demandé la semaine dernière à la Commission européenne de présenter au plus vite une définition des perturbateurs endocriniens. Elle devait initialement le faire avant la fin de l’année 2013 mais elle a renvoyé l’échéance au deuxième semestre 2014. Certains soupçonnent l’institution d’avoir reculé en raison de pressions exercées par l’industrie chimique.

Le 17 juin, la Commission a publié sa feuille de route pour l’élaboration de critères d’identification des perturbateurs endocriniens. Ces substances (parabènes, phtalates, pesticides…) seraient utilisées dans la conception de nombreux produits du quotidien comme les textiles, les cosmétiques, les emballages en plastique et les détergents.

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Damien Rigat