L’habitacle des véhicules plus pollué que l’air extérieur ?

Le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP) a publié, mardi 10 septembre, une étude sur la pollution dans l’habitacle de la voiture. L’intérieur de votre véhicule serait pollué par les composants chimiques utilisés à la fabrication des véhicules et aux poussières apportées par les usagers.

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Il faudrait aérer et aspirer très régulièrement l'intérieur des voitures pour éviter la pollution de l'habitacle, et les allergies qui s'en suivent. ©ThinkStock

A la demande de la société d’entretien automobile Midas, le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP) a analysé la qualité de l’air intérieur d’une centaine de véhicules. Le LHVP révèle, mardi 10 septembre, que l’habitacle des voitures les plus neuves sont cinq fois plus exposés au benzène et au dioxyde d’azote, et que 23 % d’entre elles dépasseraient le seuil limite de formaldéhyde, ce à quoi il faut bien sûr ajouter la poussière et les moisissures déposées par l’homme.

Industrie automobile : utilisation de matériaux polluants

L’intérieur de votre véhicule contient en effet des substances chimiques provenant des revêtements intérieurs. Citons par exemple les matières plastiques, ou les différentes colles et vernis utilisés pour le tableau de bord et les moquettes. Dans environ 41 % des véhicules étudiés, les composés organiques volatils (COV) dépassent les 300 microgrammes par mètre cube et sont donc au-dessus de de la valeur dite de « confort ».

Parmi ces composés organiques volatiles, l’étude met plus précisément en lumière la présence importante de formaldéhyde dans les habitacles des voitures les plus récentes. 23 % des véhicules analysés, possèdent un taux de formaldéhyde supérieur à 10 microgrammes par mètre cube, taux maximal au-dessus duquel ce gaz cancérigène peut provoquer migraines et fatigue mais aussi des irritations aux yeux, au nez et à la gorge, ainsi que des maux de tête. Globalement, le fort taux de COV dans l’habitacle peut être responsable d’allergies de la peau et des muqueuses ou de difficultés respiratoires.

Pollution de l’habitacle : les miettes de pain responsables

Mais les produits utilisés par l’industrie automobile ne sont pas les seuls responsables de la pollution de l’intérieur de votre voiture. Les moquettes et les sièges des véhicules sont souvent très poussiéreux. L’automobiliste et ses usagers apportent aussi leur lot de pollution avec par exemple les miettes de pain ou les cendres de cigarettes qui se transforment en moisissures. Ces polluants biologiques sont aussi des allergènes pour l’homme.

L’analyse semble donc indiquer que les intérieurs des véhicules sont fortement pollués, et que l’automobiliste est plus exposé à cette atmosphère hostile qu’un passant. Rappelons tout de même que c’est le groupe Midas qui a commandé cette étude, alors même qu’il mettra bientôt en vente son nouveau « pack dépollution habitacle ». Toujours est-il qu’il faut penser à aérer et aspirer régulièrement cet espace restreint qu’est l’habitacle d’une voiture.

Solène Medjeri