L’impression 3D pour améliorer les FIV

Des chercheurs français ont mis au point une nouvelle technique de fécondation in vitro grâce à l'impression 3D. Elle pourrait doubler les chances de réussite des interventions.

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La modélisation 3D de l'embryon par les trois professeurs. Crédit : CHRU Montpellier

Aujourd’hui, deux tiers des fécondations in vitro (FIV) se soldent par un échec. Mais une technique mise au point par des chercheurs français grâce à l’impression 3D pourrait considérablement améliorer ce taux de réussite.

Le Pr Samir Hamamah et le Dr Elodie Scalici, du CHRU de Montpellier, accompagnés du Dr Mérigeaud de la société Tridilogy, ont imaginé un logiciel permettant d’observer les embryons non plus seulement de manière statique, mais sur plusieurs plans, de différents points de vue. Pour la première fois « dans le monde », ils ont rendu possible la modélisation, et l’impression en 3D d’un embryon humain de moins d’une semaine. « Cela permet une meilleure évaluation morphologique, de manière non-invasive et dans le respect des règles d’éthique », explique le Pr Hamamah qui espère, grâce à cette invention, doubler les chances de réussite des FIV en sélectionnant en amont les embryons à fort potentiel implantatoire.

Impression 3D : les premières FIV en 2015 ?

« Notre objectif, c’est que les parents rentrent chez eux avec un bébé dans les bras. La 3D va nous permettre de mieux observer les embryons et de repérer, beaucoup plus facilement, ceux qui sont aptes à une fécondation in vitro et d’accroître, nous l’espérons, le taux de réussite », poursuit le Pr Hamamah. « Cette technique permettra de faire des économies, mais aussi de limiter les séquelles psychologiques pour les couples. »

Le CHRU de Montpellier et l’Inserm ont déposé en juillet un brevet en Europe et en Amérique du Nord. Reste à fabriquer l’embryoscan, cet appareil optique qui sera installé sur un microscope. Le Pr Hamamah, qui espère s’allier à un spécialiste en optique, souhaite récolter les fonds nécessaires pour lancer les premières FIV d’ici 2015.

Mathilde Bourge