L’infarctus chez la femme mal détecté

Selon une étude canadienne, l'infarctus chez la femme est parfois confondu avec une crise d'angoisse. Les électrocardiogrammes et défibrillations sont ainsi plus rapidement pratiqués chez les hommes.

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Les personnes se présentant aux urgences en raison de douleurs thoraciques autres que cardiaques sont généralement des femmes. - crédit photo : fineshine ©ThinkStock

Une étude parue en février révélait que les femmes avaient plus de risque d’être touchées par un accident vasculaire cérébral (AVC) que les hommes. Selon des chercheurs de l’Université McGill de Montréal, elles auraient aussi plus de risque de succomber à un infarctus que leurs homologues masculins. La raison ? Les médecins confondraient souvent la crise cardiaque chez la femme avec une crise d’angoisse. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 17 mars dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

Infarctus : les hommes sont plus rapidement pris en charge

Les chercheurs sont partis d’un constat : en cas d’infarctus, le taux de mortalité chez les femmes est plus important que chez les hommes. Ils ont ainsi remarqué que l’on pratiquait plus rapidement des électrocardiogrammes et des défibrillations chez ces derniers. Pour tenter de trouver l’origine de cette disparité, ils ont interrogé 1 123 patients âgés de 18 à 55 ans et répartis dans 24 établissements canadiens, un hôpital américain et un suisse. Les témoins, tous atteints du syndrome coronarien aigu, ont répondu à diverses questions dans les 24 heures suivant leur admission. Les auteurs de l’étude précisent que les femmes mobilisées avaient des revenus plus modestes que les hommes sollicités. Elles avaient davantage de risque de développer un diabète ou une hypertension artérielle et leur famille respective présentait des cas de maladie cardiaque. Par ailleurs, elles étaient plus enclines à l’anxiété et à la dépression.

Crise cardiaque vs crise d’angoisse

La différence de traitement est dû à un mauvais diagnostic. Les personnes se présentant aux urgences en raison de douleurs thoraciques autres que cardiaques sont généralement des femmes donc les médecins mettent plus de temps à identifier la source du mal chez leurs patientes. De plus, « la prévalence du syndrome coronarien aigu est plus faible chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes », souligne Louise Pilote, principale auteure de l’étude. Le personnel chargé de la répartition des malades dans les différents services ont ainsi tendance « à écarter l’origine cardiaque du malaise chez les femmes qui présentent des symptômes d’anxiété ».

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Damien Rigat