L’obésité rend moins dément que la maigreur ?

Une étude britannique publiée le 10 avril dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology casse les idées reçues : l’obésité maintiendrait notre cerveau en bonne santé.

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l’obésité maintiendrait notre cerveau en bonne santé ©ShutterStock

Et si, pendant toutes ces années, on s’était trompé sur les liens entre obésité et démence ? C’est ce qu’affirment les résultats d’une étude britannique publiée le vendredi 10 avril dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology. Selon les auteurs de ces travaux, un humain en situation d’obésité morbide aurait moins de chance d’être atteint de démence qu’une personne maigre.

L’équipe de Nawab Qizilbash, épidémiologiste, a suivi les dossiers médicaux d’environ 2 millions de citoyens du Royaume-Uni, dont 45 507 présentaient une importante perte ou réduction de leurs capacités cognitives. Les chercheurs ont ensuite examiné les liens entre démence et indice de masse corporelle (IMC) en tenant compte des comportements et des facteurs à risques des patients (alcool, tabagisme…).

Note – L’IMC est une unité de mesure qui sert à estimer la corpulence d’une personne à partir de sa taille et de son poids. Un individu est en sous-poids s’il a un IMC en-dessous de 18,5 kg/m². Au-dessus de 25, il est considéré comme étant en surpoids ; on parle d’obésité morbide quand l’IMC est supérieur à 40.

Maigreur et démence : des résultats inexpliqués

La plupart des études sur les liens entre poids et démence estiment que cette dernière est l’une des conséquences d’une forte surcharge pondérale. Les travaux de Nawab Qizilbash remettent en cause cette hypothèse, tout au moins sur une tranche d’âge en particulier. Entre 40 et 55 ans, les personnes avec un IMC inférieur à 20 auraient 34 % plus de chance de subir une sérieuse perte de leurs capacités cognitives par rapport à celles d’une corpulence moyenne. A contrario, l’obésité morbide réduirait les risques de 29 %.

Ces résultats ne sont bien évidemment pas une incitation à grossir pour les individus maigres ou à arrêter les régimes pour les obèses. Le docteur Qizilbash met en garde et indique que les personnes ayant une importante masse corporelle pourraient « ne pas vivre assez longtemps » pour profiter d’une vieillesse avec un esprit sain.

De plus, le scientifique n’arrive pas à expliquer ces résultats qui peuvent être dus à de nombreux autres facteurs extérieurs comme la génétique, la pratique du sport ou l’alimentation. Les recherches sur les causes des démences sont loin d’être terminées.

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Yuna Boudré