Lutte contre l’amiante : des progrès restent à faire

Un rapport sénatorial pointe des faiblesses dans la lutte contre l'amiante, loin d'être achevée en France. Les auteurs du texte estiment que la prévention des risques liés à ce matériau toxique doit devenir « une grande cause nationale ».

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Les travaux de désamiantage au sein de la tour Montparnasse ont été interrompus en décembre 2013. Ils devraient reprendre au cours de l'année 2015. ©ShutterStock

L’amiante n’a pas encore été totalement éradiqué des bâtiments français. Un rapport sénatorial du comité de suivi sur l’amiante, présenté le 2 juillet, constate que « la réglementation actuelle est globalement satisfaisante ». Les auteurs du document estiment, par exemple, que le renforcement de la protection des travailleurs (décret du 4 mai 2012) est une belle avancée. Mais ils mettent aussi en avant quelques « faiblesses » (AFP).

Le comité propose d’abaisser le seuil déclenchant des travaux de désamiantage

Bien que tous les ministères soient concernés par le sujet, « le pilotage des politiques publiques en matière d’amiante est défaillant », indique le rapport. Le « maillon faible de la réglementation » serait les techniques de repérage de ce matériau cancérigène. Pour améliorer la situation, le comité conseille d’« augmenter les effectifs » des inspecteurs du travail.

Il trouve, par ailleurs, que certaines règles sur le sujet sont « complexes, instables, ou insuffisamment mises en œuvre en matière de santé publique ». Il cite notamment le suivi des personnes exposées et le seuil d’exposition de la population aux poussières d’amiante. Le rapport émet ainsi diverses propositions pour tenter de mieux protéger les Français. Parmi elles : l’abaissement du seuil déclenchant des travaux de désamiantage de 5 fibres d’amiante par litre d’air à 0,47 fibre par litre.

Amiante : un site internet pour mieux informer la population ?

Les membres du comité préconisent également une amélioration de l’information sur les déchets pouvant contenir de l’amiante à destination des particuliers. Ils souhaiteraient lancer une plateforme internet « sur le risque amiante » pour permettre à la population « d’accéder rapidement à des informations régulièrement mises à jour » sur le sujet.

Le comité de suivi sur l’amiante est présidé par la sénatrice Aline Archimbaud (Europe Écologie Les Verts). Il a été constitué en 2013 au sein de la commission des affaires sociales du Sénat dans le but de réaliser un bilan sur un rapport de 2005 présentant plusieurs propositions à propos du « drame de l’amiante en France ». Objectif : « comprendre », « mieux réparer » et « tirer des leçons pour l’avenir ». Pour l’instant, dix-sept mesures, sur les vingt-huit exposées, ont été mises en place. Elles concernent surtout la protection des travailleurs.

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Damien Rigat