Maladie du poumon : qu’est-ce que la BPCO ?

La journée mondiale de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, ou BPCO, c’est aujourd’hui. L’occasion de faire connaître cette maladie méconnue qui toucherait 3,5 millions de Français.

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Environ 3,5 millions de personnes seraient touchées par la maladie en France. Les deux tiers d’entre eux l’ignorent. ©ThinkStock

On l’appelle BPCO. Pour 90 % des Français, cet acronyme n’évoque absolument rien. Et si on vous dit « broncho-pneumopathie chronique obstructive », ça ne doit pas vous inspirer davantage. La journée mondiale de la BPCO c’est aujourd’hui, mercredi 20 novembre. Focus sur une maladie « qui tue à petit feu ».

La BPCO : kezako ?

Autrefois appelée « emphysème » ou « bronchite chronique », la broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie chronique pulmonaire pouvant être mortelle. « Elle se manifeste par une obstruction lente et progressive des voies aériennes et des poumons, avec diminution des débits expiratoires », précise l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les symptômes sont l’essoufflement, une toux chronique et les crachats excessifs anormaux (mélange de salive et de mucus). Plus la maladie progresse, plus il devient difficile de réaliser les tâches les plus simples du quotidien.

Le principal ennemi, c’est le tabac (tabagisme actif ou passif). Les autres facteurs de risque sont la pollution de l’air ainsi que l’exposition à des substances chimiques et aux poussières dans le milieu professionnel.

BPCO : combien de personnes sont touchées ?

La BPCO se développe principalement chez les plus de 45 ans. Environ 3,5 millions de personnes seraient touchées par la maladie en France. Les deux tiers d’entre elles l’ignorent. Au total, la broncho-pneumopathie chronique obstructive serait responsable de 17 000 décès chaque année dans l’hexagone. « [Elle] est aujourd’hui la deuxième maladie respiratoire après l’asthme et la sixième cause de mortalité en France, souligne Alain Murez, président de la Fédération française des associations et amicales de malades, insuffisants ou handicapés respiratoires (FFAAIR) et coordinateur national de la BPCO. Elle sera la troisième cause de mortalité dans le monde en 2020. »

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« Actuellement, la BPCO n’est pas curable, mais son traitement ralentit l’évolution de la maladie », indique l’Inserm. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de décès liés à la maladie devrait augmenter de plus de 30 % dans les dix ans à venir.

La BPCE, cette maladie inconnue

« BPCO, la maladie qui tue à petit feu », rappelle dans un slogan la Fondation du souffle. Voilà dix ans que des campagnes de sensibilisation ont été mises en place. Pourtant, « on n’avance pas vite », regrette le professeur Bruno Housset, vice-président de l’association et chef de service de pneumologie de l’hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne). « Bronchite et toux s’éternisant, crachat… Les signaux devant orienter vers une recherche de BPCO, qui ne sera diagnostiquée que par une mesure du souffle, sont d’une grande banalité », explique le spécialiste au Parisien. Mais lorsque « le capital souffle est entamé, il n’y a pas de restauration possible ». Dans les cas les plus graves, les patients souffrent d’insuffisance respiratoire. Ils doivent alors vivre avec une bouteille d’oxygène et craindre des complications, souvent mortelles. 100 000 personnes, en France, sont atteintes de formes sévères nécessitant une oxygénothérapie à domicile.

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Cécile David