Malte : le gouvernement met en vente des passeports pour remplir ses caisses

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat lance un dispositif qui met en vente des passeports maltais, pour tous, moyennant 650 000 euros.

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Malte n'est pas le premier pays européen à vouloir attirer des capitaux via l'acquisition de la citoyenneté. ©ThinkStock

À Malte, pour contrer la crise et renflouer les caisses de l’Etat, le gouvernement a eu une idée pour le moins originale. Avec le Malta Individual Investor Program (IIP), le gouvernement travailliste met à la portée de tous la possibilité d’acquérir un passeport maltais, obtenant ainsi la nationalité de ce pays membre de l’Union européenne contre la somme de 650 000 euros.

Vente de passeport à Malte : 30 millions d’euros à gagner

Le candidat à la nationalité maltaise devra remplir quelques conditions pour se voir délivrer le fameux sésame, entre autres faire l’acquisition d’une propriété de plus de 350 000 euros ou louer une résidence pour 16 000 pendant cinq ans, et s’acquitter de 150 000 euros d’investissement dans un instrument financé approuvé par le gouvernement de la Valette.

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Cette mesure, pour le moins incongrue, mais légale puisque « les Etats membres de l’Union Européenne ont pleine souveraineté pour décider comment et à qui ils accordent la nationalité », a pour but d’augmenter les revenus de l’île méditerranéenne en attirant des individus à « haute valeur » et potentiels investisseurs. Pour le Premier ministre, Joseph Muscat ce nouveau dispositif rapporterait 30 millions d’euros à Malte rien que pour la première année, soit 45 naturalisations.

Chypre, Espagne : ils vendent aussi la citoyenneté

À Bruxelles, pourtant, cette initiative fait grincer des dents. La vente de passeports maltais est « la porte ouverte aux réseaux mafieux et au blanchiment d’argent » tempête la députée européenne Véronique Houillon. Sous l’impulsion des conservateurs, les députés européens jeudi 16 janvier 2014 une résolution visant à rappeler à la Valette, quelques principes. Entre autres, que « les valeurs et acquis n’ont pas de prix et ne sauraient être monnayés ».

Pour autant, Malte n’est pas le premier pays européen à vouloir attirer des capitaux via l’acquisition de la citoyenneté. Chypre l’a fait au début de l’année 2013, et l’Espagne prévoit d’offrir des permis de résidence à tous ceux qui achèteraient des maisons de plus de 160 000 euros pour relancer le secteur immobilier. Et au Royaume-Uni l’acquisition d’un permis de séjour est facilitée dès lors que l’on dispose de plus d’un million de dollars de finances privés investis dans le pays.

Laurie Ferrère