Manipulation d’ADN pour un enfant en bonne santé

L’idée vient d’Outre-Atlantique. Une nouvelle start-Up baptisée, GenePeeks, combine l’ADN de deux géniteurs pour évaluer l’état de santé de l’enfant à naître.

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En tout ce système devrait éliminer 10 à 15 % de donneurs à risques. ©ShutterStock

À partir de quel moment parle-t-on d’eugénisme ? Ecarter tout risque d’allergie, de psychose ou de diabète en manipulant l’ADN de donneurs de spermatozoïdes en fait-elle partie ? La question se pose avec ce nouveau service proposé aux Etats-Unis par une start-Up baptisée GenePeeks.

Un embryon parfait pour 1 500 euros

Cette entreprise d’un nouveau genre propose de « jeter un coup d’œil » à l’ADN des donneurs grâce aux techniques de séquençage de génome humain. Le laboratoire GenePeeks possède un procédé breveté en janvier dernier, qui permet de mettre au point un « fœtus digital » en combinant virtuellement l’ADN de la mère avec celui du père ou du donneur de sperme pour dépister d’éventuelles maladies génétiques.

Un algorithme mis au point par le généticien Lee Silver, professeur à l’université de Princeton. GenePeeks manipule les gènes, simule la reproduction, génère des milliers d’embryons possibles et permet ainsi d’estimer le risque de développer plus de 500 maladies génétiques.

En tout, ce système devrait éliminer 10 à 15 % de donneurs à risques. Mais les possibilités pourront aller bien au-delà, une fois les composantes et les interactions génétiques à l’origine des maladies établies, pourquoi ne pas simuler les caractères physiques ?

Des dérives possibles

Ce service dispensé par GenePeeks a un coût. Chaque femme désireuse de se procurer des gamètes parfaits devra débourser 1 500 euros et envoyer un échantillon de salive par la poste. GenePeeks s’occupe du reste. Aux Etats-Unis, où les banques de sperme sont de véritables institutions, avec des donneurs rémunérés, un but clairement lucratif et où les échantillons s’achètent comme des petits pains, les volontaires pour s’associer à ce projet se sont déjà fait connaître.

Pour le Dr Joëlle Belaish-Allart, responsable du centre de procréation médicalement assistée à l’hôpital de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, il est évident que le dépistage génétique tel qu’il est proposé par GenePeeks pose un certain nombre de questions. « Dans un sens, je vois l’aspect bénéfique : éviter un problème médical grave, mais d’un autre côté, j’ai conscience des risques de dérives possibles. Je ne les condamne pas mais je m’interroge sur son utilisation possible si un tel système devrait arriver en France » admet-elle.

Bienvenue à Gattaca.

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Laurie Ferrère