Mariage homosexuel : les religieux affirment leur opposition

À J-2 de la présentation au Conseil des ministres du projet de loi sur le mariage pour tous, le cardinal André Vingt-Trois appelle l’ensemble des chrétiens à manifester contre la mesure. L’occasion pour certains de mieux confirmer leur opposition.

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Alors que le projet de loi devrait être examiné en Conseil des ministres le 7 novembre, le cardinal André Vingt-Trois clame haut et fort son opposition à la réforme. ©ThinkStock

Le mariage pour tous n’est pas une évidence pour tout le monde. Alors que le projet de loi devrait être examiné en Conseil des ministres le 7 novembre, le cardinal André Vingt-Trois clame haut et fort son opposition à la réforme. Et invite tous les chrétiens à s’unir dans la rue.

Mariage pour tous : les religions unies dans l’opposition

Le samedi 3 novembre, à l’occasion d’une assemblée des évêques de France, Mgr André Vingt-Trois a qualifié le mariage pour tous de « supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants ». Pour lui, « ce ne serait pas le mariage pour tous [mais] le mariage de quelques-uns imposé à tous ». Le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline, estime que l’Église « n’est pas vraiment dans son rôle. (…) D’autant qu’il s’agit du mariage civile dans la République laïque ».

La déclaration du cardinal relance une nouvelle fois le débat sur le mariage homosexuel et les questions qui en découlent (droit à l’adoption, autorité parentale, etc.). Et l’Église n’est pas la seule à monter au créneau.

Gilles Bernheim, le grand rabbin de France, a explicitement exprimé son opposition dans un essai d’une vingtaine de pages, dans lequel il explique que « les arguments invoqués d’égalité, d’amour, de protection ou de droit à l’enfant se démontent et ne peuvent, à eux seuls, justifier une loi ».

En octobre, la Fédération protestante de France qualifiait le projet de « fausse bonne idée », tandis que Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, voyait en ce principe dit « démocratique » du mariage pour tous « une confusion entre l’égalité et la similitude ».

Mariage pour tous : des opposants de plus en plus visibles

Proposée par le collectif « la manif pour tous », une manifestation contre le projet de loi est prévue le 17 novembre. Par ailleurs, le collectif Maires pour l’enfance a réussi à récolter 12 000 signatures d’édiles en faveur d’un débat. Le collectif Contre le mariage et l’adoption homo, présente, quant à lui, 60 000 signataires ordonnant la mise en place un référendum.

Plusieurs membres de l’UMP ont profité de l’intervention de Mgr Vingt-Trois pour rappeler leur désaccord. Valérie Pécresse, ancienne porte-parole du gouvernement Fillon, a expliqué sur i-Télé que les membres de son parti n’était pas « favorables à la reconnaissance de l’amour des couples homosexuels parce que cela touche à la filiation ». « Nous ne voulons pas voir disparaître la référence au père et à la mère dans le Code civil », a-t-elle ajouté. De son côté, Christian Jacob, président du groupe UMP, a confié au JDD que, selon lui, les questions bioéthiques, notamment liées à la procréation médicalement assistée (PMA), auraient dû être clairement abordées dans le projet de loi.

Erwann Binet, rapporteur PS du projet, s’indigne. « Le débat est ouvert et c’est une hypocrisie de dire qu’il n’a pas lieu ». Aussi, il aimerait que « les chrétiens, comme tous les Français, ne cherchent pas à imposer leur vision de la famille à la société ». Il leur demande d’ouvrir les yeux sur « les familles monoparentales, homoparentales, recomposées, les filiations par adoption, et donneurs de sperme et d’ovocytes ».

Quelle que soit l’issue du débat ministériel, rien ne semble gagné pour le gouvernement Ayrault.

D’après un sondage BVA pour Le Parisien publié le 3 novembre, 58 % des Français seraient favorables au projet de loi. Une majorité, certes, mais bien moindre qu’en mai dernier, période à laquelle ils étaient 63 % à soutenir la mesure.

Cécile David