Mariage pour tous – échauffourées à l’Assemblée : Claude Bartolone demande des sanctions

Le Président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), souhaite que des sanctions soient prises contre les députés qui ont failli en venir aux mains cette nuit, à l’occasion du débat sur le mariage pour tous.

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« Je présenterai les images de cet incident à la prochaine réunion du bureau de l’Assemblée, et je demanderai qu’il puisse y avoir des sanctions (...) », a déclaré Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale. - Crédit photo : Witt ©Sipa

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’Assemblée nationale s’est transformée en cours de récré. Lors du débat consacré au projet de loi sur le mariage pour tous, des élus UMP se sont avancés vers les bancs du gouvernement… et ont bien failli en venir aux mains. Le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, demande des sanctions.

« Des coups de poings sont partis »

Que s’est-il passé ? Aux alentours d’1 heure du matin, plusieurs élus UMP ont été agacés par les mimiques d’un collaborateur du ministre de la Justice, Christiane Taubira. Ils se sont alors précipités en bas de l’hémicycle et approchés des bancs du gouvernement. Le ton monte, c’est l’escalade. Pendant plusieurs minutes, des huissiers et le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, sont obligés de s’interposer pour tenter d’apaiser la situation.

« Des coups de poings sont partis », assure Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord (PS). « Ça fait trente ans que je siège dans cet hémicycle, je n’ai jamais vu cela. » Selon des sources parlementaires, une huissière aurait reçu un coup (Le Point).

La réaction de Claude Bartolone : « Je présenterai les images de cet incident à la prochaine réunion du bureau de l’Assemblée, et je demanderai qu’il puisse y avoir des sanctions car il y a des choses qui ne peuvent pas être acceptées », a déclaré à la presse le président de l’Assemblée nationale.

Quelles seront les sanctions ? Elles pourraient aller du simple rappel à l’ordre à une exclusion de quinze jours du Palais Bourbon, accompagnée d’une privation de la moitié de l’indemnité pendant deux mois. C’est le bureau de l’Assemblée, composé de 22 membres élus à la représentation proportionnelle, qui tranchera.

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> Après cet incident, le débat s’est poursuivi avant de s’achever vers 7h30 ce vendredi. Le vote solennel du texte aura lieu mardi prochain. Aucun amendement n’a été adopté. L’UMP a précisé qu’il envisageait un recours devant le Conseil constitutionnel.

Mariage pour tous : la violence prend le dessus

L’échauffourée survenue hier entre élus n’est qu’un incident parmi d’autres. Deux députés PS de Vendée, Sylviane Bulteau et Hugues Fourage, ont reçu des menaces d’opposants au mariage pour tous. « C’est une menace d’enlèvement et [de mort]. [Dans la lettre, ils expliquent qu’ils me feront] sauter aux explosifs. C’est l’œuvre de quelqu’un d’assez déséquilibré mais on fait attention quand même», a expliqué hier Sylviane Bulteau.

Plusieurs dérapages ont par ailleurs rythmé les manifestations des antis. Après des débordements, la police a interpellé hier 70 à 80 personnes, parmi les milliers de manifestants qui défilaient devant l’Assemblée. « CRS collabo ! CRS SS ! », se seraient-ils mis à crier en jetant aux forces de l’ordre des canettes, des bouteilles et autres projectiles.

Pas sûr que le vote de mardi prochain mette un terme aux tensions…

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Cécile David