Médecine : faut-il facturer les « lapins » des patients ?

La Confédération des syndicats de médecins français souhaite que les patients qui ne se rendent pas à leur rendez-vous payent tout de même leur facture. Chaque année, 28 millions de consultations sont annulées.

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Chaque semaine, un médecin enregistre entre 6 et 8 annulations de consultation ©ThinkStock

Les médecins feront-ils bientôt tous payer les malades qui ne se rendent pas à leur consultation ? C’est en tout cas ce que souhaiterait la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF, principal syndicat de médecins), agacée par les patients qui n’honorent pas leur rendez-vous.

6 à 8 rendez-vous annulés par semaine

Et cela arrive bien plus souvent qu’on ne le pense. D’après la CSMF, un médecin essuie l’annulation de six à huit consultations par semaine, ce qui ne représente pas moins de 28 millions de consultations en France chaque année. Les pertes pour les professionnels de la santé sont estimées à 742 millions d’euros par an.

Certains médecins font déjà payer

Afin de limiter les dérives, certains médecins ont pris les devants. Xavier de la Cochetière, nutritionniste dans le XVIe arrondissement de Paris, témoigne sur Europe 1. Il explique que depuis deux ans, il fait payer à ses patients toutes consultations non annulées au moins 48 heures à l’avance. « En général, quand je l’explique, les patients sont tout à fait d’accord. J’ai des patients qui m’ont déjà payé pour avoir annulé trop tard, certains ont même envoyé le chèque avant même que je ne leur demande. » Et la méthode a déjà fait ses preuves. Le médecin assure que depuis qu’il a pris ces mesures, il n’enregistre, en moyenne, qu’une annulation par mois.

Mais facturer les malades qui ne se rendent pas à leur rendez-vous n’est pas du goût de tout le monde. Pour Marie-Laure-Alby, médecin généraliste, ce n’est pas la solution. Selon elle, la majorité de ces « poseurs de lapin » sont des inconnus. Les patients ayant déclaré un médecin traitant font souvent plus attention et il paraît compliqué de les sanctionner si leur absence est exceptionnelle. « Ce ne m’empêche pas de faire une petite remarque aux ‘oublieux’», conclut-elle.

Mathilde Bourge