Mediator : entre 1 300 et 1 800 décès à long terme

Selon le rapport d’expertise sur le Mediator présenté le 12 avril par le parquet de Paris, entre 1 300 et 1 800 décès à long terme seraient imputables à une valvulopathie. Les laboratoires Servier prennent acte des conclusions émises.

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Selon les experts en charge du dossier Mediator, entre 220 et 300 décès à court terme seraient imputables à une valvulopathie, entre 1 300 et 1 800 à long terme. ©Sipa

Le nombre de décès liés au Mediator est revu à la hausse. Selon un rapport d’expertise présenté le 12 avril, entre 220 et 300 décès à court terme (survenus dans les deux ans et demi après le début de la prise du médicament) seraient imputables à une valvulopathie, entre 1 300 et 1 800 à long terme.

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Rappel : selon une étude paru en février 2012 dans le journal Pharmacoepidemiology & Drug Safety, le Mediator aurait causé, en France, au moins 3 100 hospitalisations et au moins 1 300 décès par valvulopathie entre 1976 et 2009.

Mediator : entre 3 100 et 4 200 hospitalisations

Les experts ont estimé entre 3 100 et 4 200 le nombre d’hospitalisations pour insuffisance valvulaire. Ils signalent que les praticiens n’ont pu « exercer une surveillance adéquate des patients sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire » en raison de « l’absence d’informations lisibles concernant le métabolisme du benfluorex (molécule du Mediator) et sa parenté avec les anorexigènes ». Aucune évaluation, donc, du nombre de décès dus à des hypertensions artérielles pulmonaires, « autre grave méfait possible [lié] au Mediator ».

Le Mediator aurait dû être retiré de la vente entre 1998 et 2003

Ils assurent, par ailleurs, que la commercialisation du médicament aux « propriétés anorexigènes puissantes » aurait dû être stoppée entre 1998 et 2003 par Servier ou par les autorités, compte tenu des premiers signalements émis. Le Mediator n’a finalement été suspendu qu’en novembre 2009 et définitivement retiré en juillet 2010.

Les laboratoires Servier assurent que « ces conclusions n’apportent pas d’élément supplémentaire concernant le risque de valvulopathie lié à la prise de Mediator » mais ils prennent note des conclusions du rapport, promettant qu’ils « continueront d’assumer leurs responsabilités et [qu’ils] indemniseront toutes les victimes des effets secondaires du Mediator » (Le Monde).

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> En mars, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été mise en examen pour « homicides et blessures involontaires ».

Damien Rigat