Mediator : le président d’une association de victimes détourne 13 000 €

L’association des victimes du Mediator de Calais envisage de porter plainte contre son ex-président. Celui-ci aurait détourné pas moins de 13 000 euros pour des dépenses personnelles.

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Mediator : le président d’une association de victimes détourne 13 000 € ©Sipa

La mauvaise saga du Mediator continue. L’Association de victimes du Mediator (ADVM) de Calais, créée en janvier 2011, accuse son ex-président, José Duquenoy, de s’être mis 13 000 euros, provenant de ses caisses, dans les poches. « Une plainte pour détournement de fonds va prochainement être déposée auprès du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-mer » contre ce monsieur, a déclaré à l’AFP la nouvelle présidente de l’ADVM, Cécile Weingaertner. « Quand j’ai voulu faire le rapport des comptes de l’association, dont j’étais la secrétaire, en consultant les talons de chèques, je me suis aperçue qu’il avait fait un chèque pour la caution de son appartement personnel à Calais avec le chéquier », a-t-elle rapporté.

Des chaussures et un tire-lait payés avec l’argent de l’association

Et ce n’est pas tout. M. Duquenoy serait allé jusqu’à payer des chaussures ou encore un tire-lait à sa belle-fille avec les sous de l’association. Il aurait également « tiré » 1 800 euros de liquide, émis 4 000 euros de chèque sans facture et laissé un trou de 6 000 euros dans les cotisations. Devant cet argent tombé de nulle part, l’un de ses proches aurait eu des doutes et alerté l’association de ces agissements présumés, en novembre dernier. Le président a finalement été exclu par les autres membres du bureau le 7 mars.

Du côté des 887 adhérents, c’est l’incompréhension, d’autant que M. Duquenoy avait lui-même créé l’association et avait porté sa voix auprès du gouvernement pour défendre sa cause. Cécile Weingaertner invite chacun d’entre eux à signer la pétition qui appuiera la plainte. Celle-ci sera déposée le 7 mai.

La plupart de ces victimes du Mediator attendent toujours l’indemnisation promise. Ce médicament, commercialisé par le laboratoire Servier, serait à l’origine de 1 300 décès en France, entre 1976 et 2009.

Julie Toury