Médicaments : bientôt en vente en grande surface ?

L’Autorité de la concurrence se positionne en faveur de la vente des médicaments en grande surface. Objectif : mettre un terme au monopole des pharmacies pour renforcer la concurrence sur les prix.

0
1404
En Italie, l’ouverture du monopole officinal a entraîné une baisse des prix des médicaments de 25 %. ©ThinkStock

Bientôt la fin du monopole des pharmaciens ? C’est l’idée avancée par l’Autorité de la concurrence dans un communiqué diffusé le 10 juillet. Elle propose de libéraliser la vente de médicaments sans ordonnance, afin de faire baisser les prix.

Médicaments : la vente en grande surface permettrait de faire chuter les prix

D’après l’Autorité, l’ouverture partielle du monopole officinal « permettrait aux consommateurs de bénéficier de tarifs plus attractifs pour leurs achats de médicaments d’automédication ». Hors de question, en revanche, de remettre complètement en cause le monopole des pharmaciens, la vente de médicaments devant être opérée par des professionnels diplômés, déclare-t-elle.

L’Autorité de la concurrence pointe du doigt « de fortes disparités » dans le prix des médicaments non remboursables. Des écarts souvent méconnus des consommateurs, « puisque la publicité sur les prix de ces [produits] est très limitée ».

La libéralisation de la vente des médicaments avait été mise en avant en mars 2012 par l’UFC-Que Choisir. Selon l’association, la vente en grande surface permettrait aux consommateurs d’économiser jusqu’à 16 % par an. L’Autorité souligne qu’en Italie, l’ouverture du monopole a entraîné une baisse des prix de 25 %.

Les laboratoires pointés du doigt

Les pharmaciens critiquent la proposition. Du côté des distributeurs, la nouvelle est plutôt bien reçue. Interrogée par Le Figaro, Michel-Edouard Leclerc parle d’une « avancée considérable ». « La France est le dernier pays avec la Belgique et l’Espagne à refuser l’ouverture du monopole des officines. C’est obsolète. En ces temps de faible pouvoir d’achat, on pourrait faire l’économie des sur-marges de certaines officines. »

> Lire aussi : La vente en ligne de médicaments autorisée

L’Autorité de la concurrence dénonce aussi certaines pratiques des laboratoires, « susceptibles de constituer des freins à la baisse [des prix] ». Elle leur reproche de ralentir l’entrée de génériques sur le marché. Il y a quelque semaine, elle a sanctionné Sanofi par une amende de 40 millions d’euros d’amende, pour dénigrement des génériques de son médicament Plavix.

> Lire aussi : Les Français, toujours aussi accros aux médicaments

Damien Rigat