Megaupload : plus d’1 milliard de visiteurs

C’est un chiffre incroyable que révèle le rapport d’enquête qui a amené la justice américaine à faire fermer le site de téléchargement Megaupload. En 7 ans d’existence, le site a ainsi reçu lus d’un milliard de visites !

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1 milliard de visiteurs pour Megaupload ©DR

La fermeture par la justice américaine du site de téléchargement Megaupload fera date. Alors qu’un flux continu de messages défile sur Twitter concernant cette fermeture, les premiers éléments du rapport d’enquête mettent en lumière certaines pratiques douteuses des dirigeants de l’entreprise mais aussi l’ampleur de la fraude et la puissance en termes de visiteurs de Megaupload. Dans ce rapport de plus de 70 pages, les enquêteurs insistent sur la parfaite connaissance des dirigeants de la nature des contenus- illégaux – circulant sur le site. Il faut bien admettre que si plusieurs millions d’internautes étaient au fait de ces pratiques, on peine à imaginer comment les patrons auraient pu ne pas l’être.

Megaupload : 175 millions de dollars de recettes

Mieux encore, ce même rapport estime que le site a, en sept années d’existence, reçu plus d’1 milliard de visites ! Autant d’internautes ayant potentiellement eu accès à des contenus protégés par les droits d’auteurs mais disponibles gratuitement sur le site de Kim Schmitz, alias Kim Dotcom, fondateur de Megaupload. Des internautes qui pour certains payaient des abonnements afin d’avoir accès à l’intégralité des contenus Megaupload et qui permettaient de par leur nombre, au site de commercialiser des espaces publicitaires. Au total, 175 millions de dollars seraient rentrés dans les caisses du site de téléchargement (dont « seulement » 25 millions pour les recettes publicitaires)… C’est donc une fraude de grès grande ampleur que condamne la justice américaine.

Napster : le premier condamné

On se souvent aussi, à la fin des années 90, du logiciel Napster créé par Shawn Fanning et qui permettait aux internautes du monde entier d’échanger librement des fichiers musicaux. Suite à un retentissant procès Napster fut interdit en 2001 alors que la marque perdure aujourd’hui pour une offre de téléchargement de musique… parfaitement légale cette fois-ci. Ce qui n’a nullement empêcher un piratage massif des fichiers musicaux, par d’autres biais…

On peut d’ailleurs se demander si la fermeture de Megaupload est un véritable coup fatal au piratage en général. Même s’il ne s’agit là que d’une première étape et d’un précédent pour attaquer dans la foulée les sites qui proposent des services (et des contenus) équivalents, l’industrie électronique est, depuis toujours, en perpétuelle rivalité avec les innovations technologiques des pirates.

Un temps de retard sur les pirates

Dans les années 90, Nintendo avait ainsi tenté de protéger ses cartouches de jeux vidéo Super Nintendo du piratage mais aussi de la concurrence pour chaque territoire des jeux importés du Japon ou des Etats-Unis. Le constructeur avait donc installé dans certaines de ses cartouches une puce électronique sensée protéger ses jeux… Un système contourné par l’utilisation d’un adaptateur qui fut disponible en boutique avant même que la première cartouche ainsi protégée soit disponible en boutiques…

Tout comme Hadopi a en France mis à un coup d’arrêt aux échanges de fichiers en P2P (Peer-to-peer, d’ordinateur à ordinateur entre particuliers), sans pour autant enrayer le piratage des films, des séries, des jeux vidéo, de la musique et désormais des livres numériques, l’arrêt de Megaupload devrait sans doute ralentir l’activité des pirates amateurs sans pour autant sonner le glas du piratage. Il existe sur le net bien d’autres façons de contourner ces mesures, streaming en tête. Les habitués de Megaupload chercheront sans doute à se rabattre sur d’autres procédés eux aussi illégaux mais pour lesquels il existe à ce jour encore des vides juridiques. Comme souvent dans le monde du piratage, la loi aura un train de retard. Il aura fallu 7 ans, avant que l’histoire Megaupload ne s’achève de façon aussi brutale que symbolique.

La Rédaction