Montbéliard : une clinique interdite de soins gynécologiques

Coup dur pour la région de Franche-Comté. L’agence régionale de santé a annoncé suspendre l’autorisation d’exercer des soins de gynécologie à la clinique de Montbéliard.

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Cette suspension prendra effet à partir du 10 avril et ce jusqu'au 29 juin. ©Capture d'écran

La liste des reproches est longue : « constat de dysfonctionnements graves et récurrents », « insuffisance de l’équipe médicale en gynécologie obstétrique », « défaut de réponses des médecins anesthésistes réanimateurs d’astreinte », « lacunes graves en matière de traçabilité des actes médicaux et de soins ». Voilà ce que reproche l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui a suspendu lundi 7 avril 2014 l’autorisation de la Clinique de Montbéliard d’exercer des soins de gynécologie-obstétrique.

3 mois de suspension

L’ARS fait savoir que cette décision fait suite au constat de dysfonctionnements graves et récurrents qui ne permettent pas de garantir la continuité et la sécurité des soins. Car à en croire ses observations, la maternité de la clinique de Montbéliard ne disposait que d’un seul chirurgien gynécologue-obstétricien alors qu’elle réalisait plus de 730 accouchements par an, soit 2 par jour.

« Une décision sage », qui permettra au Groupe Kapa Santé et à la clinique de Montbéliard « de prendre du temps pour se réorganiser et réfléchir sur le fond », fait savoir l’ARS. Cette suspension prendra effet à partir du 10 avril et ce jusqu’au 29 juin. Durant cette période, les patientes pourront continuer d’êtres suivies par leur praticien au sein de la clinique mais ne pourront pas accoucher sur place. Le centre hospitalier de Belfort-Montbéliard accueillera les patientes qui le souhaitent.

Des cas d’erreurs médicales

De son côté, le Groupe Kapa Santé semble avoir entendu les conseils et les avertissements de l’Agence Régionale de Santé puisque le groupe a mis en ligne sur son site une offre d’emploi pour un gynécologue-obstétricien dans son établissement montbéliardais.

Cette suspension d’autorisation d’exercer des soins gynécologiques intervient alors même qu’en octobre dernier, un gynécologue-obstétricien de la clinique de Montbéliard, mis en cause dans deux affaires d’erreurs médicales, avait mis fin à ses jours.

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Laurie Ferrère