Mort de l’alpiniste et ex-ministre Maurice Herzog

L’alpiniste et ancien ministre de De Gaulle, Maurice Herzog, est mort hier soir à l’âge de 93 ans. Il fût le premier homme à atteindre le sommet de l’Annapurna, en 1950. Qui se cachait derrière ce sportif aux allures de play-boy ? Pourquoi certains contestent encore son statut de héros ? Portrait.

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L’alpiniste Maurice herzog est décédé, jeudi 13 décembre au soir, à l’âge de 93 ans. Il est le premier homme à avoir franchi le sommet hostile de l’Annapurna (8 091 mètres), dans l’Himalaya, le 3 juin 1950. Cette terrible ascension lui a coûté plusieurs doigts et orteils, gelés par les températures extrêmes.

Si son nom est systématiquement associé à ce fabuleux exploit, il ne faut pas oublier, non plus, ceux de son coéquipier Louis Lachenal, mort le 25 novembre 1955, soit à peine plus de cinq ans après, et des guides de haute-montagne qui les ont accompagnés, Gaston Rebuffat et Lionel Terray.

Maurice Herzog, gaulliste de première heure

Maurice Herzog avait raconté son aventure, de façon un peu trop romancée au goût de ses compagnons de cordée, dans un ouvrage devenu best-seller, Annapurna, premier 8000 (éd Arthaud, 1951), vendu à une douzaine de millions d’exemplaires et traduit en 40 langues.

En 1958, le gouvernement gaulliste cherche des figures emblématiques. Maurice Herzog est nommé, cette année-là, Haut commissaire à la Jeunesse et aux Sports et, en 1963, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux sports. Il poursuivra sa carrière politique en occupant le siège de député de Haute-Savoie et maire de Chamonix de 1968 à 1977.

Maurice Herzog, ce héros contesté

Avec son physique d’acteur, Maurice Herzog a rapidement fait figure de héros de l’après-guerre. Un statut aujourd’hui contesté… L’alpiniste a récemment refait parler de lui, par le biais d’un livre écrit par sa fille, Félicité Herzog. Dans son ouvrage, ironiquement intitulé Un héros, la jeune femme dépeint un personnage « hémiplégique de la pensée », insensible et menteur, allant jusqu’à remettre en doute la véracité de son exploit.

Maurice Herzog avait eu vent de la polémique mais, n’étant plus en état de réagir, avait laissé courir. Le 1er janvier 2012, il fût élevé au rang de grand’croix de l’Ordre national de la Légion d’honneur. Une dernière reconnaissance avant sa dernière ascension.

Julie Toury