Motilium, ce médicament anti-nausées qui inquiète les autorités

Les médicaments anti-nausées et anti-vomissements contenant de la dompéridone sont soupçonnés de provoquer des troubles cardiaques. Parmi eux, le Motilium, un traitement largement prescrit en France. L'agence européenne du médicament va procéder à de nouveaux tests.

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Le Motilium est parfois utilisé par les jeunes mamans pour stimuler la lactation ©ThinkStock

Mediator, pilule de 3e et 4e génération… pas question qu’un nouveau scandale sanitaire n’éclabousse l’Europe. Cette fois, une agence sanitaire belge a pris les devants et demandé à l’Agence européenne du médicament (EMA) la réévaluation des traitements contenant de la dompéridone, une molécule permettant de soulager les nausées et les vomissements chez l’adulte et l’enfant. Commercialisé en France sous le nom de Motilium, ce principe actif pourrait provoquer des troubles cardiaques chez certains patients.

Le Motilium, utilisé à mauvais escient par les jeunes mamans

Ces soupçons sont à prendre d’autant plus au sérieux que le Motilium est parfois utilisé chez la femme enceinte ou la jeune maman, non pas pour soulager les nausées, mais pour stimuler la lactation, comme l’indiquait l’Afssaps en 2011. En effet, la dompéridone boosterait la production de prolactine, l’hormone qui déclenche les montées de lait. A l’époque, l’agence française mettait déjà en garde contre le risque potentiel d’arythmie ventriculaire (battements du cœur irréguliers) et de mort subite chez les personnes traitées avec cette molécule. Néanmoins, aucune étude n’avait alors démontré de risque accru chez les bébés allaités par des mères sous Motilium.

Motilium : vers de nouvelles règles européennes ?

Les médicaments à base de dompéridone sont autorisés depuis les années 70 dans plusieurs Etats membres de l’Union européenne, et, en France depuis 1980. Ils sont délivrés uniquement sur ordonnance médicale et les médecins savent déjà qu’ils doivent éviter de les prescrire aux personnes présentant des risques cardiaques.

La réévaluation de la balance bénéficice/risque réclamée à l’EMA par l’Agence belge des médicaments et des produits de santé va permettre à l’Europe d’établir (ou pas) de nouvelles règles concernant la prescription du Motilium. 

Julie Toury