Nadine Morano s’en prend au physique d’Eva Joly et de Ségolène Royal

Interrogée sur la série de France 2 Les Hommes de l’ombre dans Le Parisien d’aujourd'hui, Nadine Morano a complètement dérapé au moment d’évoquer l’image des femmes en politique. Elle n’a pas hésité à parler négativement et de façon maladroite du physique d’Eva Joly et de Ségolène Royal.

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Nadine Morano s’en prend au physique d’Eva Joly et de Ségolène Royal ©SIpa

Nadine Morano est de retour en force dans les médias ! Certes, elle ne s’est pas absentée longtemps mais quand on connaît la capacité de la ministre chargée de l’Apprentissage à faire les choux gras de la presse par ses déclarations publiques et sorties sur Twitter, l’attente était interminable. Pour sa dernière prise de parole, elle a épargné Stéphane Guillon mais s’en est pris au physique de deux femmes politiques: Eva Joly et Ségolène Royal.

« Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique »

Interrogée par Le Parisien/Aujourd’hui en France du jour sur la fiction politique de France 2 Les Hommes de l’ombre, elle exprime son avis sur l’image des femmes dans le milieu politique, à dominante masculine : « Les images restent, alors il faut faire attention à tout, surtout quand on est une femme, scrutée du brushing aux chaussures ». Jusqu’ici tout va bien, mais quand elle commence à prendre la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Eva Joly, en exemple, les choses se gâtent : « Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On sent du coup qu’il n’y a pas de communicants derrière ». Comme si cela ne suffisait pas, le physique de Ségolène Royal, la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007, est lui aussi passé au crible : elle « est allée jusqu’à la médecine esthétique et la correction dentaire en 2007. C’est de l’emballage qui rend un candidat attrayant, accessible, mais, sans travail sur le fond, n’a pas d’incidence sur le vote des Français ». La grande classe !

« Ça suffit ! »

Même prononcées par Nadine Morano, réputée pour son franc-parler, ces déclarations sont tout de même étonnantes. Les personnalités politiques sont habituées à s’échanger des paroles assassines, mais le physique est rarement utilisé comme angle d’attaque. Des femmes politiques sont déjà revenues sur les paroles de la ministre. Cécile Duflot, la secrétaire nationale d’EELV, a lancé un « Ça suffit ! » sur son compte Twitter tandis que Valérie Pécresse, pourtant à l’UMP comme Mme Morano, a expliqué sur Europe 1 son intention de « ne pas vouloir participer au Morano bashing » (de l’anglais « to bash » : frapper).

Adrien Guiset