Naissance prématurée : attention aux phtalates

Selon une récente étude, l’exposition aux phtalates pourrait augmenter le risque de naissance prématurée. Aliments, boissons, parfums, déodorants… cette substance chimique est présente dans de nombreux produits du quotidien.

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Les bouteilles d'eau en plastique contiennent des phtalates. ©ThinkStock

Dans le monde, 15 millions de femmes accouchent prématurément chaque année. Les spécialistes ont du mal à identifier la ou les causes de ce phénomène. Selon une étude menée par une équipe de l’école de médecine de l’université du Michigan (États-Unis) et parue le 18 novembre dans le journal JAMA Pediatrics, les phtalates pourraient favoriser le risque de naissance prématurée.

Parfums, aliments, boissons… les phtalates sont partout

Après avoir effectué une série de tests en laboratoire, les chercheurs ont observé 130 femmes ayant accouché prématurément et 352 autres participantes. En analysant l’urine de chaque témoin au cours de la grossesse, ils ont constaté qu’il y avait bien un lien entre les concentrations de phtalates et les accouchements avant le terme. « Parce que l’exposition aux phtalates et la prévalence des naissances prématurées parmi les femmes de notre cohorte sont similaires à celles de la population générale, ces résultats peuvent être étendus aux femmes américaines et dans le monde », explique Kelly Ferguson, auteure principale de l’étude.

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L’Institut de veille sanitaire (InVS) considère les phtalates comme « toxiques et cancérogènes ». Certaines études indiquent qu’ils augmentent le risque d’endométriose, de perturbation de l’hormone thyroïde et de cancer du sein. Pourtant, ces substances sont partout dans notre quotidien : certaines boissons et aliments en contiennent, mais aussi des déodorants, des parfums et d’autres cosmétiques. Ces produits chimiques sont la plupart du temps utilisés comme fixateurs ou pour assouplir le plastique. D’autres études sur le lien de causalité entre phtalates et accouchement prématuré pourraient prochainement être lancées afin d’en savoir un peu plus sur ce phénomène.

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Damien Rigat