Nos ancêtres utilisaient déjà des épices il y a 7 000 ans

Des traces d'épices retrouvées sur des poteries vieilles de 7 000 ans prouvent que nos ancêtres savaient allier qualité nutritive et plaisir gustatif.

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Les archéologues ont retrouvé des traces d’alliaire officinale dans des fragments de poteries datant de 7 000 ans. ©ThinkStock

Safran, curcuma, cannelle, poivre… les épices font aujourd’hui partie de notre alimentation quotidienne. Mais quand l’homme a-t-il commencé à en agrémenter ses plats ? À en croire une étude de l’université de York (États-Unis), publiée dans la revue Plos One, les premières utilisations d’aromates, notamment en Europe, sont bien plus vieilles qu’on ne l’imagine.

Les archéologues ont retrouvé des traces d’alliaire officinale ou herbe à ail (alliaria petiolata), associée à des résidus d’animaux et de poissons, dans des fragments de poteries datant de 7 000 ans, retrouvés au Danemark et en Allemagne. Ce qui signifie que les chasseurs-cueilleurs du mésolithique appréciaient déjà les mets relevés ! Fait d’autant plus étonnant qu’à cette époque, l’homme commençait à peine à cultiver. C’est en effet au passage du mésolithique au néolithique (environ 5 000 ans avant Jésus Christ) qu’a eu lieu l’introduction de la domestication des animaux et de l’agriculture.

Des épices fossilisées

Cette découverte est basée sur l’étude des phytolithes (microfossiles de cellules végétales) retrouvés dans les restes carbonisés des pots à nourriture. Ils indiquent la présence passée de feuilles ou d’écorces, dont sont issues les épices.

Dans le cas présent, les phytolithes étaient mêlés à des traces de graisse animale, ce qui prouve que nos ancêtres utilisaient l’herbe à ail pour assaisonner et non comme plat à part entière. D’ailleurs, cette plante ne possède aucune valeur nutritive. Elle aurait donc bien été utilisée pour ses qualités gustatives, conclut le Dr Hayley Saul, principal auteur de l’étude. 

Julie Toury