Notre ancêtre commun ? Le Martien

Selon un chercheur américain, la vie sur Terre n'aurait pas été possible sans l'arrivée d'un élément martien, il y a des milliards d'années. Nous serions donc, en quelque sorte, tous descendants des Martiens.

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Sommes-nous tous les descendants des Martiens ? ©ThinkStock

Les hommes auraient-ils un ancêtre commun venu d’une autre planète ? C’est l’hypothèse émise par Steven Brenner, enseignant à l’Institut Westheimer pour la Science et la Technologie à Gainesville (Etats-Unis). D’après ses recherches, dont il a fait part le jeudi 29 août, la vie ne serait jamais apparue sur Terre sans l’arrivée d’un métal, tout droit importé de la planète Mars.

Le molybdène, ce métal qui a tout changé

Cet ingrédient indispensable à la vie, c’est le molybdène. Ou plutôt une forme oxydée de ce métal. Aujourd’hui utilisé dans les alliages pour outils de bricolage ou les couronnes dentaires, le molybdène viendrait tout droit de Mars. A son arrivée, il aurait empêché les molécules de carbone – élément indispensable à la vie – de se dégrader et de finir en goudron. « C’est seulement lorsque le molybdène est très fortement oxydé qu’il devient capable d’influencer la formation d’une vie primitive », précise Steven Brenne, qui a présenté ses travaux lors d’une conférence internationale à Florence (Italie).

« Cette forme de molybdène ne pouvait pas être présente sur Terre à l’époque où les premiers éléments de la vie sont apparus, parce qu’il y a trois milliards d’années, la surface de la Terre ne contenait que très peu d’oxygène, contrairement à Mars », a-t-il poursuivi.

Comment un composant de Mars a-t-il débarqué sur la Terre ?

Selon les dires de Steven Brenne, à l’époque, notre système solaire était très agité. La Terre, ainsi que Mars, étaient sans cesse bombardées par des comètes et astéroïdes. Ces déplacements de corps célestes expliquent comment des débris martiens, eux-mêmes projetés dans notre galaxie, ont atterris sur notre planète, piégés par son champ de gravité.

Une hypothèse confortée par de récentes analyses effectuées sur une météorite martienne, qui contenait non seulement du molybdène, mais également du bore, un métalloïde qui aurait contribué à préserver l’ARN (l’ancêtre de l’ADN) de la corrosion. « Il semble qu’on accumule les preuves selon lesquelles nous sommes en réalité tous des Martiens et que la vie a débuté sur Mars avant de venir sur Terre à bord d’un rocher », a résumé M. Brenner. « C’est un coup de chance, car la Terre est de loin la meilleure des deux planètes pour héberger de la vie. Si nos hypothétiques ancêtres martiens étaient restés sur Mars, on ne serait peut-être pas là pour en parler », a-t-il conclu.

Mathilde Bourge