Notre horloge biologique pourrait être contrôlée

Des chercheurs américains ont découvert que ce n'était pas notre horloge biologique qui dictait l'activité de nos neurones, mais l'inverse. Grâce à cela, les scientifiques espèrent résoudre certains problèmes de santé liés au jet lag ou au travail en horaires décalés.

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Des chercheurs américains ont découvert que ce n'était pas notre horloge biologique qui dictaient l'activité de nos neurones, mais l'inverse. ©ShutterStock

Notre horloge biologique aiguille presque toute notre vie. Elle nous dicte quand manger, dormir ou se réveiller, et déteste quand on la contrarie. Cependant, les règles du jeu pourraient bientôt changer. Des chercheurs de l’université de Vanderbilt (Tennessee, Etats-Unis) ont en effet réussi à contrôler cette horloge et à la réinitialiser chez des souris. Grâce à cette avancée, les scientifiques espèrent traiter certaines maladies et effets néfastes du manque de lumière ou du travail en horaires décalés.

Dans la revue Nature Neuroscience, les chercheurs expliquent que notre horloge biologique se situe dans le noyau suprachiasmatique de notre cerveau. Cette petite région régie, entre autres, la production et la régulation des hormones, la température corporelle, le sommeil ou la circulation sanguine. Le rythme qu’elle impose, basé sur une journée de 24 heures, est sensible aux variations extérieures comme le décalage horaire, la lumière ou la température.

Les neurones contrôlent notre horloge biologique

Mais, grâce à l’optogénétique (optique et génétique) les chercheurs sont parvenus à stimuler les neurones de souris à l’aide d’un laser et de fibre optique. Pour arriver à ce résultat, les scientifiques ont constitué deux groupes de rongeurs. Le premier groupe a été programmé pour avoir une vie diurne grâce à une protéine sensible à la lumière dans leurs neurones. Inversement, le second groupe a reçu une protéine similaire, supprimant l’activité neuronale quand les souris étaient exposées à la lumière. Les rongeurs étaient donc nocturnes.

Très vite, les auteurs de l’étude se sont rendu compte que ce n’était pas l’horloge interne qui régulait l’activité des neurones mais bien l’inverse. En faisant réagir les neurones de nuit ou de jour, les rythmes des souris se modifiaient indépendamment de la lumière et/ou de l’heure.

Jeff Jones, l’un des auteurs de l’étude, explique au Huffington Post US que l’équipe a utilisé l’optogénétique « pour activer le noyau directement en l’absence de lumière, réinitialisant l’horloge sans rien changer d’extérieur à l’environnement des souris ».

Le dispositif, loin d’être applicable à l’homme, pourrait un jour donner naissance à des produits pharmaceutiques capables de réguler le rythme de ceux qui mènent une vie décalée.

Mathilde Bourge