Obésité : ne jamais dire à une enfant qu’elle est trop ronde !

D'après une étude américaine, dire à une enfant qu'elle est trop grosse aurait des effets négatifs à long terme. Ces remarques multiplieraient par 1,66 le risque d'être obèse à l'âge adulte.

0
1167
La stigmatisation de l'obésité dans l'enfance mène à un comportement où la nourriture est un refuge et où la motivation pour faire du sport est nulle ©ShutterStock

« Arrête de trop manger », « tu es un peu trop enveloppée »… Les remarques visant à faire réagir les petites filles sur leur poids pourraient avoir de lourdes conséquences. Selon une étude de l’Université de Los Angeles (Etats-Unis), publiée dans JAMA Pediatrics, ces réflexions pourraient même être contreproductives sur le long terme.

Obésité : des campagnes de prévention inutiles

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont suivi plus de 2 000 jeunes filles pendant neuf ans. Toutes ont été pesées et mesurées à 10 ans, puis à 19 ans. Parmi elles, près de 58 % ont rapporté avoir été traitées de « grosses » lorsqu’elles étaient enfants. Et d’après l’étude, ces critiques multiplieraient par 1,66 le risque d’être obèse à l’âge adulte. En revanche, avoir un indice de masse corporelle (IMC) élevé étant enfant ne présagerait pas toujours un futur surpoids. Des résultats auxquels les auteurs de l’enquête ne s’attendaient pas. « J’en suis tombée de ma chaise ! », a même déclaré Janet Tomiyama, professeur de psychologie à la tête de ces recherches.

« La stigmatisation de l’obésité dans l’enfance mène à un comportement où la nourriture est un refuge et où la motivation pour faire du sport est nulle », explique-t-elle. Conséquences : l’idéal de minceur devient une angoisse pouvant entraîner des troubles alimentaires et du stress. « Des études ont montré que la pression liée aux moqueries augmente la sécrétion de cortisol, une hormone qui donne faim et pousse aux excès alimentaires », explique la chercheuse américaine. Selon elle, les campagnes de prévention de l’obésité infantile seraient d’ailleurs inutiles. « Les messages véhiculés sont démoralisants », estime Janet Tomiyama.

Mathilde Bourge