Octobre rose : le dépistage du cancer du sein angoisse les femmes

L’opération annuelle « Octobre rose » a pour objectif d’informer la population sur le dépistage du cancer du sein. Selon une étude menée par l’Institut national du cancer, l’épreuve de la mammographie angoisse les femmes.

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La participation des femmes de 50 à 70 ans au dépistage autour du cancer du sein stagne à 53 %. ©ThinkStock

Coup d’envoi cette semaine d’Octobre rose, la campagne de sensibilisation menée chaque année par l’Institut national du cancer (INCa) et le ministère des Affaires sociales et de la Santé sur le dépistage du cancer du sein. Selon de récentes études, la participation se stabilise : la mammographie effraie les femmes, l’attente des résultats les angoisse.

Cancer du sein : le dépistage, entre douleur et source de stress

Voilà neuf ans que le programme de dépistage autour du cancer du sein a été lancé en France. Premier constat : la participation des femmes de 50 à 70 ans stagne à 53 %, alors que les autorités souhaiteraient atteindre un taux de 65 à 70 %. Cette stabilisation serait due, entre autres, à la crainte qu’inspire l’épreuve de la mammographie.

Après avoir réalisé plusieurs entretiens qualitatifs auprès d’une cinquantaine de femmes, le Dr Frédéric de Bels – responsable du département dépistage à l’INCa – distingue trois tendances. Tout d’abord, les personnes interrogées mettent en avant « un manque d’informations avant leur premier examen ». Elles évoquent également « la douleur occasionnée par la mammographie » et sont nombreuses, enfin, à ressentir un important stress et une certaine solitude au moment de l’attente des résultats (Nouvel Observateur).

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Afin de limiter cette angoisse, l’Institut national du cancer entend « renforcer l’information et l’accompagnement des femmes pendant cette période, informer les centres de dépistage et faire en sorte que les professionnels de santé soient plus impliqués, explique le Dr de Bels. Cela va dans le sens du troisième plan cancer. »

La mammographie, une technique remise en cause par les femmes

La technique de dépistage pose elle aussi question. Beaucoup de femmes s’interrogent sur l’efficacité de la mammographie et les risques qu’elle représente. Sur ce dernier point, les spécialistes rappellent que les cancers induits par les radiations de la mammographie concernent 1 à 5 pour 100 000 femmes ayant participé au dépistage pendant dix ans, tandis que le dépistage organisé permet d’éviter 150 à 300 décès. Quant à la fiabilité de la technique, là encore, les médecins restent positifs. « Le dépistage organisé prévoit systématiquement une seconde lecture de la mammographie par des radiologues spécialement formés », précise le Dr Frédéric de Bels.

Les organisateurs de l’opération « Octobre rose » soulignent, par ailleurs, l’importance du dépistage précoce. Une femme sur 8 sera touchée par le cancer du sein au cours de son existence. Si elle est détectée à temps, la maladie est guérie dans plus de 90 % des cas et soignée par des traitements moins contraignants, provoquant moins d’effets secondaires à court et à long terme.

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Cécile David