OGM : 3 ex-ministres réclament plus de transparence

Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage réclament, dans une tribune, la révision des études ayant autorisé la mise sur le marché du maïs OGM. Elles se réjouissent aussi de la volonté du gouvernement de mener de nouveaux travaux, plus approfondis que ceux du professeur Séralini.

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Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage apportent leur soutien à Séralini ©Visual PA

Gilles-Éric Séralini, dont l’étude choc sur les OGM a été invalidée par plusieurs instances sanitaires, reçoit aujourd’hui le soutien de trois anciennes ministres de l’Environnement. Dans une tribune commune publiée par 20 minutes, Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage se réjouissent, d’abord, « de la volonté exprimée par le gouvernement (…) de remettre à plat les systèmes d’évaluation des OGM et des pesticides et d’exiger des tests de toxicité à long terme, donc sur vie entière de l’animal ». L’étude Séralini aura au moins servi à ça…

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Aussi, et surtout, elles demandent la révision des études ayant autorisé la commercialisation du maïs transgénique NK603 et du désherbant Round Up de Monsanto. Selon les trois ex-ministres, il est indispensable « que la lecture critique qui a été faite des résultats statistiques de l’étude Séralini soit appliquée à ces études, pour s’assurer de leur fiabilité statistique dans la mesure où elles reposent sur un nombre de rats par groupe comparable ». Elles ajoutent : « Nous souhaitons que cette analyse puisse être faite par des experts choisis pour leur absence de conflits d’intérêts et qui n’auraient pas eu précédemment à se prononcer sur l’un ou l’autre de ces produits. »

L’étude de Séralini sur les OGM, jugée trop légère

Les travaux du Pr Séralini, publiés le 19 septembre dernier dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology, démontraient le développement rapide de tumeurs chez des rats ayant consommé du maïs OGM. Cette étude a reçu énormément de critiques de la communauté scientifique, notamment sur la méthode appliquée. L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), le Haut conseil des biotechnologies ainsi que six académies scientifiques françaises ont tous rejeté les résultats de cette étude, les jugeant trop légers pour confirmer le danger du maïs transgénique.

Julie Toury