Pakistan : menacé de mort à cause de sa belle moustache

Malik Afridi, un commerçant pakistanais, a été kidnappé par des islamistes et menacé de mort pour avoir refusé de couper sa moustache de 76 centimètres. Il a fini par céder... ou presque.

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Par peur d'être tué, Malik Afridi a fini par accepter de raser sa moustache. Un acte qu'il compte bien ne jamais renouveler. ©ThinkStock

L’histoire est complètement loufoque mais bien réelle. Au Pakistan, on ne plaisante pas : le port de la barbe longue s’impose. Mais un irréductible moustachu résiste. Malik Afridi, un commerçant, refuse de couper sa moustache de 76 centimètres. Un style perçu comme un affront par les talibans du Lashkar-e-Islam, un groupe islamiste armé. Malgré les menaces de mort et son kidnapping, Malik Afridi n’a pas renoncé à sa jolie moustache.

Contraint de raser sa moustache par crainte d’être exécuté

L’histoire est rapportée ce jeudi 8 août par l’AFP. Les islamistes demandent dans un premier temps à Monsieur Afridi de leur verser 500 dollars (environ 375 euros) par mois en échange d’une protection lui permettant de conserver sa moustache, sans représailles. Pendant plusieurs siècles, porter la moustache était un signe de virilité dans le sous-continent indien mais avec l’arrivée du taliban et du salafisme, c’est désormais la barbe qu’il convient de laisser pousser.

En 2009, des insurgés kidnappent Malik Afridi. Un mois plus tard, il est libéré par une tribu locale, qui exige en échange… les poils de la discorde. L’homme accepte à contrecœur de se raser, par peur d’être tué. À la suite de cette mésaventure, Malik Afridi déménage à Peshawar, une ville située au nord-ouest du Pakistan. Et décide de laisser repousser sa moustache, sa fierté.

Malik Afridi : « Je ne pourrai jamais couper à nouveau ma moustache »

Mais, en 2012, les intimidations reprennent. Il prend de nouveau la fuite, seul, et s’installe dans le centre du pays. « Parfois, ma famille me dit : « Tu devrais couper ta moustache et rester avec nous ». Je peux vivre éloigné des miens, éloigné du Pakistan, mais je ne pourrai jamais couper à nouveau ma moustache », explique à l’AFP le commerçant. « Les gens m’ont toujours respecté [grâce à cette moustache] (…) Ils aiment prendre des photos avec moi ». Pour lui, ce petit bout de poil est son « identité ». Hors-de-question d’y renoncer.

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Quand on lui parle de l’avenir, Malik Afridi raconte qu’il aimerait obtenir l’asile à l’étranger ou représenter le Pakistan dans des concours internationaux de moustaches.

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Cécile David