Paris aux JO 2024 : quels seraient les coûts ?

Le conseil de Paris a validé le 13 avril la candidature de Paris pour accueillir les jeux Olympiques de 2024. Combien devrait dépenser la France pour recevoir cet événement d'envergure internationale ? Focus.

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Le conseil de Paris a validé la candidature pour accueillir les JO 2024. Crédits: Iurii Osadchi. ©ShutterStock

C’est officiel, Paris candidate à nouveau pour accueillir les jeux Olympiques de 2024. « Mes chers collègues, nous voilà engagés dans l’aventure olympique. » C’est ainsi qu’Anne Hidalgo, maire de la capitale, a clôturé le conseil de Paris du lundi 13 avril. La candidature de la ville devrait être déposée cet été 2015. Il ne restera alors plus que deux ans pour convaincre car la décision finale sera prise à Lima (Pérou) en 2017 lors de la 130ème session du Comité international olympique (CIO).

Malgré les récents échecs français et le climat de récession économique, ce vote relève d’une quasi-unanimité politique. Seuls les écologistes s’opposent au projet. Ils estiment que les coûts d’organisation de cet événement international sont aujourd’hui minimisés. Selon eux, l’investissement serait beaucoup plus coûteux pour les Français que ne le laissent penser les autorités, à l’image des Jeux de Montréal en 1976. La ville québécoise a mis trente ans à rembourser ses dettes.

Si la France reçoit les JO 2024, à combien seraient estimés les coûts ? Pourquoi le budget prévisionnel est-il plus bas que prévu ? Réponses.

JO 2024 : le budget revu à la baisse

Anne Hidalgo s’opposait à la candidature de la France comme pays hôte pour les mêmes raisons que les Verts. Mais le rapport d’opportunité de Bernard Lapasset, chef de file du Comité français de support international, remis en mars a évalué les frais totaux imputables aux JO à « seulement » 4,5 milliards d’euros. Des frais en partie assumés par le CIO, à hauteur de 1,8 milliard d’euros. Les 3 milliards restants devraient être financés par le secteur public et par des investisseurs privés.

Ce petit budget a changé l’opinion de la maire de Paris et de la majorité des détracteurs du projet. Si les prévisions de dépenses sont aussi basses, c’est surtout parce que la plupart des infrastructures qui hébergeront les Jeux sont déjà construites, comme le Stade de France, ou sont en cours de construction ou de rénovation comme Roland-Garros. La France n’aura plus qu’à réaliser quelques enceintes et la piscine olympique. D’autres travaux nécessaires à l’accueil des JO rentrent dans le cadre du Grand Paris et non dans le budget présenté au CIO. C’est le cas notamment de l’amélioration des transports en communs.

Paris : une candidature made in London

Lors de la dernière candidature de la ville lumière, c’est la capitale du Royaume-Uni qui avait gagné et qui était l’hôte de la dernière édition de cette compétition mondiale. Même si le projet parisien était donné favori, la communication de la campagne londonienne aurait fait pencher la balance en faveur du dossier anglais. Cette dernière était axée sur un faible budget (qui a triplé par la suite) et sur les améliorations que pouvaient apportés les Jeux à la population locale. La rénovation du quartier d’East London en est l’exemple le plus probant.

Anne Hidalgo compte clairement utiliser la même stratégie. « Derrière les jeux Olympiques, il faut voir des milliers de logements construits, l’amélioration du réseau de transport en commun, l’accélération de la transition écologique et la réduction des inégalités territoriales », a-t-elle déclaré au Conseil de Paris lundi matin. Le but affirmé est d’aider au développement de la Seine-Saint-Denis à l’image de la construction du Stade de France, qui a dynamisé le quartier où il est situé. La moitié du budget est d’ailleurs consacré à la construction du village olympique prévu dans ce département. Il sera par la suite reconverti en logements, dont manque la capitale. Il est clair que ce discours veut séduire les Français en plus du CIO.

Si le dossier parisien pour accueillir les JO 2024 semble bien construit et attrayant, la compétition est forte : Hambourg, Rome et Boston sont de sérieux concurrents. Il ne faut pas non plus oublier que les Jeux n’ont plus eu lieu à Paris depuis 1924. Un siècle plus tard, l’événement sportif fera-t-il son grand retour en France ?

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Yuna Boudré