Pauvreté : 8,7 millions de Français touchés

Selon l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES), 8,7 millions de Français vivaient avec moins de 977 euros pas mois en 2011, soit 700 000 de plus qu'en 2007.

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Ce sont les moins de 30 ans qui présentent le taux de pauvreté le plus élevé (5,2 %), souligne L'ONPES. Par comparaison, les plus de 75 ans affichent un taux de seulement 1,1 %. ©ShutterStock

Entre 2007 et 2011, la pauvreté en France s’est accentuée. Une évolution directement reliée à la crise économique de 2008. Dans une étude publiée le 2 juillet par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), les jeunes, les chômeurs et les familles monoparentales sont les premiers concernés. Concrètement, 8,7 millions de Français vivaient en 2011 avec moins de 977 euros pas mois (sous le seuil de 60 % du niveau de vie médian). En 2007, ils étaient 700 000 de moins.

Cette augmentation du nombre d’individus aux ressources limitées est en partie due à « un élargissement de la pauvreté à des publics jusqu’alors épargnés », soulignent les auteurs de l’enquête (AFP). Elle est également liée à la hausse des inégalités de revenus et à l’altération du marché du travail.

Pauvreté : les moins de 30 ans affichent le taux le plus élevé

Au fil des années, la pauvreté s’est ainsi renforcée. Le nombre de Français vivant avec moins de 808 euros par mois (moins de 50 % du niveau de vie médian) a augmenté de 575 000 entre 2007 et 2011, soit 4,8 millions de personnes (7,9 % de la population, contre 7 % quatre ans auparavant). Par ailleurs, 3,5 % de personnes étaient touchées par une « grande pauvreté » (moins de 652 euros par mois) en France en 2011, contre 3,1 % en 2007. Ce sont les moins de 30 ans qui présentent le taux de pauvreté le plus élevé (5,2 %), indique L’ONPES. Par comparaison, les plus de 75 ans affichent un taux de seulement 1,1 %.

En 2011, 40 % des chômeurs vivaient sous le seuil de pauvreté

En raison de la crise, de nombreuses personnes d’âge actif se retrouvent éloignées de l’emploi sur le long terme, favorisant le « risque d’irréversibilité des situations de pauvreté ». En 2011, environ 40 % des chômeurs vivaient sous le seuil de pauvreté (moins de 60 % du niveau de vie médian). Moins d’une personnes sur dix ayant un emploi étaient dans la même situation. Autre constat : le nombre d’enfants pauvres (moins de 18 ans) a augmenté, passant de 18 % (2007) à 20 % (2011).

L’observatoire met en avant quelques disparités régionales. Dans certaines zones, telles que le pourtour méditerranéen et le Nord du pays, le taux de pauvreté est particulièrement important. Il a surtout augmenté dans le quart nord-est de la France, notamment dans les départements autour de Paris. Le Cantal, la Corse, la Lozère et la Haute-Loire ont, eux, connu la plus forte diminution en quatre ans. La situation était plutôt bonne également dans les départements de l’Ouest et de la frontière sud-est.

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Damien Rigat