Peillon veut relancer la scolarisation des moins de 3 ans

Le ministre de l’Education souhaite tripler le nombre de tout-petits dans les écoles maternelles des zones défavorisées, d’ici à 2017. Pour cela, le gouvernement envisage la création de 3 000 postes en premier cycle scolaire.

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Vincent Peillon, ministre de l'Education ©Sipa

Ce mardi 15 janvier, Vincent Peillon a publié une circulaire sur la relance de la scolarisation des enfants de moins de trois ans. La promesse de campagne numéro 37 de François Hollande est donc en marche et a pour objectif de tripler le nombre de tout-petits dans les écoles maternelles des zones défavorisées d’ici à 2017. Et pour répondre à la demande, le gouvernement envisage la création de 3 000 postes, afin de « favoriser la réussite » des enfants dont la « famille est éloignée de la culture scolaire ».

« La circulaire Peillon représente un virage à 180 degrés », note Françoise Cartron, sénatrice PS de Gironde, auteure d’une proposition de loi pour sanctuariser l’école maternelle. En effet, la scolarisation des enfants de moins de 3 ans a chuté ces dix dernières années, passant de 34,5 % en 2000 à 13,6 % en 2011. Entre 2007 et 2012, 80 000 postes ont été supprimés dans l’Education nationale, dont une bonne partie dans le primaire.

Le ministre de l’Education fait donc du premier cycle scolaire sa priorité. Il estime, comme de nombreux experts, que cette période est l’une des plus décisives dans la formation de l’enfant. Mais, fondamentalement, les textes ne changeront pas. La scolarisation demeure possible dès l’âge de 2 ans, à condition que les enfants « soient physiquement et psychologiquement prêts à fréquenter » l’école. C’est la mention « dans la limite des places disponibles » qui va faire l’objet d’une modification sur le terrain. Il s’agit « que d’ici à trois ans, 30 % des enfants dans les secteurs défavorisés puissent être scolarisés (ils sont à peine 11 % aujourd’hui en moyenne sur l’ensemble du territoire) », explique le ministère.

Une rentrée scolaire tout au long de l’année

Au-delà de ces objectifs chiffrés, la circulaire Peillon envisage également « un accueil différé au-delà de la rentrée scolaire en fonction de la date anniversaire de l’enfant ». Une idée qui n’est pas forcément du goût des enseignants. « C’est très complexe pour l’enfant qui doit s’adapter alors qu’un patrimoine et une culture commune se sont déjà créés dans la classe. Et la maîtresse ne peut pas faire trente rentrées scolaires ! », a ainsi expliqué à l’AFP une enseignante près d’Annecy.

Du côté syndical, Sébastien Sihr (SNUipp-FSU, première organisation du primaire), salue un « nouvel élan ». Auprès de l’AFP, il insiste néanmoins sur la nécessité de « former les enseignants aux besoins physiologiques des enfants, à leurs spécificités motrices, à la relation aux parents et au travail en équipe avec l’Atsem » (l’agent territorial qui seconde l’enseignant dans les maternelles). Le syndicaliste déplore « certains manques » dans la circulaire : « On avait demandé qu’il y ait des Atsem à plein temps et que l’on définisse des effectifs réduits d’au maximum 15 enfants par classe. »

Mathilde Bourge