Perchloroéthylène : un solvant cancérigène dans les pressings ?

Le perchloroéthylène, solvant répandu dans les pressings, est au cœur des attentions depuis la révélation de son probable caractère cancérigène. Très nocif pour les employés et toute personne à proximité, il serait déjà responsable d’un décès. Deux associations s’alarment et réclament son interdiction.

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Le perchloroéthylène : un solvant cancérigène dans les pressings ? ©ThinkStock

Les pressings pourraient bien devenir malgré eux le théâtre d’un nouveau scandale sanitaire. En cause, le perchloroéthylène, un solvant utilisé pour le nettoyage à sec, qui serait très nocif pour toute personne se trouvant à proximité. On le retrouve également dans les industries automobiles où il est utilisé pour dégraisser les pièces métalliques. Classé comme produit cancérigène probable, il pourrait être la cause du décès d’une septuagénaire de Nice en 2009 qui habitait au dessus d’un pressing. L’autopsie a révélé la présence de perchloroéthylène dans tous ses organes excepté l’estomac, excluant ainsi l’ingestion. Cette affaire fait aujourd’hui l’objet d’une action en justice qui a débuté en septembre 2011. Le gérant du pressing est poursuivi pour « homicide involontaire » et « poursuite de l’exploitation d’une installation classée non conforme à la mise en demeure ».

Les vapeurs de « perchlo » traversent le béton et les planchers

Le « perchlo » est dénoncé avec vigueur par deux associations, Réseau santé environnement et Générations futures, qui insistent sur la puissance du produit et son efficacité dans un rayon élargi. En effet, les vapeurs qui s’échappent des machines de nettoyage à sec au moment de l’ouverture du hublot touchent directement l’employé mais aussi les personnes situées à proximité. Celles vivant au dessus n’y échappent pas car les vapeurs traversent aisément le béton et les planchers jusqu’à trois étages.

Un produit bientôt interdit ?

Le perchloroéthylène rendrait ainsi la vie à côté d’un pressing dangereuse pour la santé. Les deux associations réclament purement et simplement son interdiction, d’autant que selon le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, interrogé par Europe 1, des alternatives existent « sous réserves de la validation des études scientifiques » : « un procédé à base d’eau et vapeur, l’utilisation d’un solvant peu toxique, le siloxane, ou l’utilisation du gaz carbonique à basse température ». Il indique que les Etats-Unis et le Danemark ont déjà pris des « mesures fortes », alors pourquoi pas la France ?

Adrien Guiset