Perquisitions chez les Sarkozy : que recherchent les juges ?

Alors qu’il s’est envolé lundi, en famille, au Canada, Nicolas Sarkozy est rattrapé par la Justice. Ses bureaux et son domicile ont été perquisitionnés hier matin dans le cadre de l’affaire Bettencourt. De quoi l’ancien Président est-il précisément soupçonné ? Que cherchaient les juges ?

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Perquisitions chez les Sarkozy : que recherchent les juges ? ©Sipa

Le répit aura été de courte durée pour Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat, qui ne dispose plus de l’immunité présidentielle depuis le 16 juin, est aujourd’hui rattrapé par la Justice dans l’affaire Liliane Bettencourt. Mardi 3 juillet au matin, une dizaine de policiers de la brigade financière et le juge de Bordeaux Jean-Michel Gentil ont mené trois perquisitions : au domicile de son épouse Carla Bruni, dans le XVIème arrondissement de Paris, au cabinet d’avocats Arnaud, Claude et associés dont Nicolas Sarkozy détient des parts, ainsi qu’au nouveau bureau mis à sa disposition, rue de Miromesnil. Ces opérations ont été menées en l’absence de Nicolas Sarkozy, qui s’est envolé lundi, en famille, pour des vacances au Canada…

Affaire Bettencourt : de quoi est soupçonné Nicolas Sarkozy ?

La Justice soupçonne Nicolas Sarkozy d’avoir profité de la fortune de la richissime héritière des cosmétiques L’Oréal Liliane Bettencourt pour financer une partie de sa campagne électorale en 2007. Plusieurs retraits, dont deux de 400 000 euros chacun, en février et avril 2007, intéressent particulièrement le juge Gentil.

Interrogée par la Justice, Claire Thibout, l’ancienne comptable de la famille Bettencourt, a indiqué que Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt, lui avait demandé de remettre 150 000 euros, début 2007, à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy.

D’autres témoignages recueillis par le juge font état de visites « secrètes » du candidat Sarkozy au domicile de la milliardaire, pendant sa campagne, pendant lesquelles on lui aurait remis de l’argent en main propre.

A quoi ont servi ces perquisitions chez Nicolas Sarkozy ?

D’après une source proche du dossier interrogée par l’AFP, aucun document n’a été saisi par le juge, hier matin, lors des perquisitions menées dans les bureaux et au domicile des Sarkozy. Néanmoins, l’agenda 2007 de l’ancien président, qui avait été déposé chez l’huissier, aurait été récupéré dans la foulée.

Pour l’avocat de Nicolas Sarkozy, Maître Herzog, « ces perquisitions, alors qu’avaient été envoyés à ce magistrat, depuis 15 jours, tous les éléments nécessaires, se révèleront être ce qu’on peut en attendre, des actes inutiles ». Il explique avoir envoyé le 15 juin « les extraits certifiés conformes de l’agenda de M. Nicolas Sarkozy pour l’année 2007 ». Des documents qui prouveraient l’absence de rendez-vous secrets avec la milliardaire.

Thomas Levy